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Über die Safi

Safi ist eine bedeutende Hafenstadt an der marokkanischen AtlantikkĂŒste. Als Hauptstadt der gleichnamigen Provinz verbindet sie...

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Nachrichten 15 Dec 2025 5 Min. Lesezeit

Inondations meurtriùres à Safi : Signal d’alarme pour tout le pays


Inondations meurtriùres à Safi : Signal d’alarme pour tout le pays


Alors que le pays s’apprĂȘte Ă  vibrer au rythme de la CAN, deux drames meurtriers  sont venus assombrir  cette ambiance de fĂȘte. À FĂšs, l’effondrement dans la nuit du mardi 9 dĂ©cembre  de deux immeubles a coĂ»tĂ© la vie Ă  plusieurs personnes, rĂ©vĂ©lant encore une fois les failles du bĂąti prĂ©caire et les dysfonctionnements  en matiĂšre de contrĂŽle urbain. Mais c’est Ă  Safi que les dĂ©gĂąts tant humains que matĂ©riels ont Ă©tĂ© effroyables  en raison des prĂ©cipitations « exceptionnelles Â» qui ont provoquĂ© dans la soirĂ©e de dimanche 14 dĂ©cembre  des crues soudaines et intenses. Plus de 30 morts, des familles dĂ©cimĂ©es, des quartiers submergĂ©s : un choc qui rĂ©vĂšle une vĂ©ritĂ© amĂšre. Au-delĂ  de la violence des crues, ce sont les failles structurelles d’un territoire oubliĂ© qui Ă©clatent au grand jour.

Triste et sombre rĂ©alitĂ©, celle d’une gouvernance urbaine chaotique, qui fait remonter brutalement  Ă  la surface  les failles d’un systĂšme et ses promesses de progrĂšs peinant Ă  se traduire sur le terrain, notamment dans les villes oubliĂ©es oĂč l’absence d’infrastructures dignes de ce nom, d’anticipation et de prĂ©vention se paie au prix fort. Au prix de plusieurs vies humaines.

Ces drames n’ont pas seulement endeuillĂ© des familles, ils ont assombri l’humeur collective, ajoutant un voile de tristesse Ă  une pĂ©riode censĂ©e ĂȘtre festive. Une question se pose d’emblĂ©e : peut-on rĂ©ellement  parler de modernisation et de progrĂšs si des vies humaines sont fauchĂ©es par des nĂ©gligences Ă©vitables ? Car derriĂšre chaque victime, il y a forcĂ©ment  un dĂ©faut  de vigilance, un acte de corruption et un laxisme coupable.

Deux drames, deux visages d’un mĂȘme mal : l’abandon des actions du quotidien. Ces tragĂ©dies, qui ne relĂšvent pas de la fatalitĂ© ou de simples accidents, sont au contraire la rĂ©sultante d’une dĂ©faillance de l’action locale, d’un manque de planification, de prĂ©vention et parfois de volontĂ© politique.

La catastrophe de Safi  interroge l’efficacitĂ© de la gouvernance locale en matiĂšre de gestion des risques et de protection civile. On ne peut plus se permettre de gĂ©rer les crises au coup par coup. Il est urgent de moderniser les dispositifs d’alerte, de cartographier les zones Ă  risque, et d’instaurer une vĂ©ritable culture de la prĂ©vention, surtout dans les villes secondaires. Il est incontestable que le Maroc a rĂ©alisĂ© des avancĂ©es majeures en matiĂšre d’infrastructures stratĂ©giques : dĂ©veloppement portuaire avec Tanger Med, extension des aĂ©roports, rĂ©seau autoroutier Ă©tendu, lignes ferroviaires modernisĂ©es
 Ces investissements ont renforcĂ© l’attractivitĂ© du pays et consolidĂ© sa place dans les chaĂźnes logistiques rĂ©gionales et mondiales.

En revanche, les infrastructures de proximitĂ© – celles qui touchent directement le quotidien des citoyens – accusent un net retard. RĂ©seaux d’assainissement vĂ©tustes, voiries dĂ©gradĂ©es, absence d’équipements de drainage, urbanisation anarchique : dans nombre de villes moyennes ou de quartiers pĂ©riphĂ©riques, le dĂ©veloppement urbain reste mal maĂźtrisĂ©. Le drame de Safi en est une illustration tragique.

Il est grand temps temps que les politiques d’amĂ©nagement du territoire s’attaquent Ă  ces fractures invisibles. Non pas par des discours de circonstance ou des professions de foi, mais par un engagement fort, durable et Ă©quitable. Safi, ville meurtrie, appelle une rĂ©ponse qui dĂ©passe l’urgence : une vraie justice territoriale. Ce sentiment d’abandon est alimentĂ© par un profond  dĂ©sĂ©quilibre spatial. Nonobstant son potentiel industriel, halieutique et portuaire, Safi manque de moyens pour rĂ©pondre aux besoins de base en matiĂšre d’urbanisme, d’environnement ou de sĂ©curitĂ© civile.

 
Au-delĂ  de l’ampleur des dĂ©gĂąts dont les images poignantes ont inondĂ© les rĂ©seaux sociaux, la tragĂ©die safiote met Ă©galement en lumiĂšre  une vĂ©ritĂ© plus  inquiĂ©tante : l’imprĂ©paration des pouvoirs publics face aux effets extrĂȘmes du changement climatique. Car si le Maroc a su anticiper certaines dimensions, notamment le stress hydrique – avec, sous impulsion royale, un dĂ©ploiement stratĂ©gique des stations de dessalement –, il reste dramatiquement vulnĂ©rable sur d’autres fronts : crues soudaines, submersions, Ă©pisodes pluvieux violents.
Ces Ă©vĂ©nements, qui frappent nombre de rĂ©gions dans le monde,   ne sont plus des anomalies ponctuelles. Ils sont devenus des signaux rĂ©currents, violents, et prĂ©visibles. L’absence d’un vĂ©ritable systĂšme d’alerte, de plans de prĂ©vention des risques climatiques Ă  l’échelle locale, ou d’infrastructures rĂ©silientes, continuera de faire des victimes. Safi, ville oubliĂ©e, paie aujourd’hui le prix de ce manque d’anticipation.

Le changement climatique n’est plus un concept abstrait. Il est lĂ , concret, destructeur. Et il exige une gouvernance climatique sĂ©rieuse, dĂ©centralisĂ©e, fondĂ©e sur la prĂ©vention et la protection des vies. Safi n’est malheureusement pas un cas isolĂ©. D’autres villes dites « pĂ©riphĂ©riques » ou « oubliĂ©es » partagent la mĂȘme fragilitĂ© face aux dĂ©rĂšglements climatiques. Qu’il s’agisse de crues, de glissements de terrain ou d’inondations Ă©clair, ces territoires restent Ă  la merci d’évĂ©nements extrĂȘmes, faute d’infrastructures adaptĂ©es, de planification urbaine rĂ©siliente ou de dispositifs d’alerte et de secours efficaces.

Le drame de Safi sonne comme une alerte. Les intempĂ©ries violentes  qui ont frappĂ© la ville  peuvent se reproduire ailleurs : Ă  Taza, Khouribga, Ouarzazate, Sidi Kacem, Azilal, Taroudant
 La liste est longue. Le changement climatique n’épargne personne, mais il frappe plus durement lĂ  oĂč l’État est absent, oĂč la gouvernance locale est dĂ©faillante  et manque  de vision ou de coordination.

Face Ă  cette rĂ©alitĂ©, il est urgent d’élargir la rĂ©flexion climatique au-delĂ  de la question du stress hydrique dans sa relation avec l’agriculture. Objectif : bĂątir une rĂ©silience climatique nationale. Un pays qui se veut moderne ne peut plus ignorer la dĂ©tresse de ses territoires oubliĂ©s. Un dĂ©veloppement Ă©quilibrĂ© pour tous les Marocains du Maroc, voilĂ  la vĂ©ritable urgence. L’équitĂ© territoriale dans l’adaptation au changement climatique  est dĂ©sormais un impĂ©ratif difficile Ă  ignorer …

Dieser Artikel wird als Auszug wiedergegeben. Die vollstĂ€ndige Fassung veröffentlicht das ursprĂŒngliche Medium.

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