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Essaouira, die „gut Gezeichnete“, ist eine bezaubernde Hafenstadt an der marokkanischen AtlantikkĂŒste. Mit ihrer...

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Nachrichten 20 Dec 2024 6 Min. Lesezeit

RDV de la photo d’Essaouira, un festival qui ne demande qu’à se dĂ©velopper

RDV de la photo d’Essaouira, un festival qui ne demande qu’à se dĂ©velopper

AprĂšs la disparition des Nuits photographiques d’Essaouira, les Rendez-vous de la photo reprennent le flambeau. PortĂ© par l’Institut français, ce festival prometteur pour la rĂ©gion et pour les jeunes professionnels Ă  qui il s’adresse, a le potentiel de s’imposer dans l’agenda culturel et de fĂ©dĂ©rer les acteurs de la photographie nationaux.

« La photo a toute sa place ici ». À l’Institut Français d’Essaouira, la conviction est forte : cette petite ville cĂŽtiĂšre prisĂ©e des touristes est mĂ»re pour accueillir un festival de la photographie. Elle l’est de fait, si on se rappelle le succĂšs des Nuits photographiques d’Essaouira qui ont fĂ©dĂ©rĂ©, de 2016 Ă  2022, une scĂšne artistique marocaine en plein essor. Faute de financements, l’évĂšnement s’est dĂ©litĂ© et a finalement disparu. Les Rdv de la photo prennent donc le relais depuis 2 ans. « Essaouira a un potentiel Ă©norme », explique Juliette Marandon, la directrice de l’IF Essaouira. D’autant que la ville se dĂ©veloppe avec l’ouverture, en 2027, de la CitĂ© des arts dessinĂ©e par Oscar Niemeyer. À l’entrĂ©e de la ville, les premiĂšres pierres sont dĂ©jĂ  posĂ©es. Les lieux qui se prĂȘtent Ă  des expositions photographiques ne manquent pas comme le Bastion Bab Marrakech rĂ©novĂ© par le dĂ©partement rĂ©gional du MinistĂšre de la Culture et qui accueille, pour cette Ă©dition, une exposition du photojournaliste Reza. Il y aurait aussi – pourquoi pas – la CitĂ© de l’artisanat oĂč festivaliers et artisans pourraient coopĂ©rer. Une perspective partagĂ©e par Nathalie Locatelli, experte de la photographie marocaine, venue prĂ©senter le travail de Joseph Marando dans l’Ă©crin verdoyant de l’Heure bleue Palais.

Les pistes sont nombreuses pour crĂ©er un hub de formation Ă  la photographie. « Pourquoi ne pas travailler avec l’INBA et dĂ©velopper des ateliers autour de ce mĂ©dium », note Juliette Marandon pour qui la dimension de professionnalisation et d’accompagnement des jeunes reste une prioritĂ©. L’Institut national des Beaux-Arts de TĂ©touan vient d’ailleurs d’ouvrir une antenne Ă  Agadir. « C’est ce genre de rencontres qui nourrit et fait naĂźtre une vocation », abonde l’artiste Zakaria Mtilk qui a ouvert son atelier photo dans le centre de la mĂ©dina. Le jeune homme a, de ce point de vue, un parcours remarquable et l’appareil argentique chevillĂ© au corps. Dans le petit studio, oĂč s’étalent des scĂšnes d’Essaouira en noir et blanc, ainsi que des livres de Robert Capa ou Louis Faurer soigneusement posĂ©s sur ses Ă©tagĂšres, on mesure la dĂ©termination de Zakaria Mtilk Ă  confronter son regard aux maĂźtres de la photographie. Pendant les RDV de la photo, ce jeune professionnel a organisĂ© un photowalk.

Vue du livre Maroc ordinaire de Joseph Marando - RDV de la photo Essaouira.

Les pérégrinations au coeur du métier de photographe

Si les moyens sont forcĂ©ment limitĂ©s, la 2e Ă©dition des RDV de la photo rassemble des photographes aguerris qui ont dispensĂ©, pendant trois jours, conseils et lecture de portfolio Ă  un public souvent trĂšs jeune. En attendant de pouvoir se dĂ©velopper, la 2e Ă©dition accueille 5 expositions oĂč le thĂšme du voyage semble s’imposer. Une façon de rappeler que l’art photographique est souvent une question de dĂ©placement. Que ce soit, par exemple, Ă  travers la sĂ©rie Waha de Seif Kousmate qui a parcouru les oasis du Sud du Maroc pour rendre compte de leur disparition programmĂ©e. Le photographe souiri souligne l’urgence de la prise de conscience collective en dĂ©tĂ©riorant subtilement ses tirages.

MĂȘme dĂ©marche au long cours pour Anne-Lise Broyer qui signe une exposition de toute splendeur Ă  la galerie de l’Institut français. La Française, laurĂ©ate du prix NiĂ©pce 2024, arpente les rives de la MĂ©diterranĂ©e et construit un rĂ©cit poĂ©tique oĂč elle relie, selon une logique qui lui est propre, scĂšnes de vie ordinaire et ruines antiques. À Essaouira, elle accompagne son odyssĂ©e d’une poĂšme de Mohammed Bennis, invitant Ă  une medidation mĂ©lancolique. On peut y lire : Cette terre qui par ses chants/ jamais ne meurt/ Un vent des quatre coins/ est venu chargĂ© / de drapeaux de sang et de la mort rapide. Marcher, rencontrer… Ce n’est pas Joseph Marando qui dira le contraire, lui qui photographie le Maroc – son pays natal – depuis 30 ans. On est frappĂ© par la promiscuitĂ© de ce photographe avec son sujet.  Son livre, Maroc ordinaire fĂȘte l’an prochain ses 20 ans de parution. Enfin, le road trip de Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier, qui ont sillonnĂ© ensemble les routes nationales du pays Ă  la recherche de moments suspendus, investit la promenade des remparts de la Sqala – une des bonnes idĂ©es de ce rendez-vous. 

Il ne manque sans doute pas grand-chose pour relancer une dynamique de festival photo Ă  Essaouira, d’autant plus que de nombreuses initiatives autour de ce mĂ©dium, portĂ©es par de grandes fondations nationales, ont Ă©mergĂ© ces derniĂšres annĂ©es. Une synergie possible qui serait une bonne nouvelle pour la scĂšne photographique. 

Emmanuelle Outtier

RDV de la photo Essaouira :
– « Slow – Up », Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier, Remparts de la Sqala, jusqu’au 19 janvier 2025.
– « Waha », Seif Kousmate, Espace Mogador, jusqu’au 5 janvier 2025
– « Est-ce lĂ  que l’on habitait ?», Anne-Lise Broyer, galerie de l’Institut français, jusqu’au 11 janvier 2025
– « Deviens le ciel », Reza, Bastion Bab Marrakech, jusqu’au 4 janvier 2025
– « Maroc ordinaire », Joseph Marando, L’heure bleue Palais, jusqu’au 31 janvier
Vue de l'exposition de "Maroc ordinaire" de Joseph Marando - RDV de la photo Essaouira.
Vue de l'exposition de "Slow-Up" de Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier - RDV de la photo Essaouira.
Vue de l'exposition de "Slow-Up" de Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier - RDV de la photo Essaouira.
Vue de l'exposition de " Est-ce lĂ  que l'on habitait ?" de Anne-Lise Broyer - RDV de la photo Essaouira.
Vue de l'exposition "Waha" de Seif Kousmate - RDV de la photo Essaouira.
Vue de l'exposition "Deviens ce ciel" de Reza - RDV de la photo Essaouira.
Rencontre avec le photographe Seif Kousmate pendant les RDV de la photo d'Essaouira

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