Dix annĂ©es de structuration, plus de 2.000 contrats internationaux soumis Ă ses rĂšgles et aucun recours en annulation, tel est le bilan du Centre International de MĂ©diation et dâArbitrage de Casablanca (CIMAC), prĂ©sentĂ© Ă lâoccasion des Casablanca Arbitration Days, organisĂ©es les 24 et 25 avril dans la mĂ©tropole.
Dans un contexte international marquĂ© par la complexification des Ă©changes et la judiciarisation croissante des litiges commerciaux, lâarbitrage international sâimpose comme un levier stratĂ©gique de sĂ©curisation des investissements. Dix ans aprĂšs sa crĂ©ation, le CIMAC affiche un bilan qui dĂ©passe le simple symbole institutionnel : plus de 2 000 contrats internationaux soumis Ă ses rĂšgles, aucun recours en annulation enregistrĂ©, et une reconnaissance progressive dans les circuits dĂ©cisionnels des investisseurs.
Ă lâoccasion des Casablanca Arbitration Days, lâinstitution cĂ©lĂšbre une dĂ©cennie de montĂ©e en puissance qui redessine les Ă©quilibres juridiques en Afrique. Créé en 2016 sous lâimpulsion de Casablanca Finance City Authority (CFC), le CIMAC sâinscrit dans une stratĂ©gie plus large de positionnement de Casablanca comme hub financier et juridique continental. Ă lâorigine, lâobjectif Ă©tait clair : rĂ©duire le risque juridique pesant sur les investissements Ă©trangers en Afrique en proposant une alternative crĂ©dible aux grandes places dâarbitrage mondiales. Dix ans plus tard, le pari semble en voie dâĂȘtre gagnĂ©. Les sentences rendues sous lâĂ©gide du CIMAC sont aujourdâhui exĂ©cutoires dans plus de 170 pays, offrant aux opĂ©rateurs Ă©conomiques une sĂ©curitĂ© juridique essentielle dans un environnement global incertain.
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LâĂ©dition 2026 des Casablanca Arbitration Days marque un tournant symbolique et stratĂ©gique. PlacĂ©e sous le thĂšme « Globalising Moroccoâs Dispute Resolution Ambitions », elle rĂ©unit des figures de rĂ©fĂ©rence de lâarbitrage international telles quâEmilia Onyema, Jalal El Ahdab ou encore Michael Black. Au cĆur des discussions : lâĂ©volution des cadres rĂ©glementaires mondiaux et la prĂ©fĂ©rence croissante des investisseurs pour les mĂ©canismes privĂ©s de rĂšglement des diffĂ©rends, perçus comme plus flexibles, plus rapides et souvent plus adaptĂ©s aux enjeux transfrontaliers que les juridictions Ă©tatiques.

« Ces dix ans sont une invitation Ă se projeter vers les dix prochaines annĂ©es. Une Ă©tape importante a Ă©tĂ© franchie, notamment avec lâentrĂ©e en vigueur, en juin 2022, dâun cadre lĂ©gislatif particuliĂšrement structurant, notamment la loi sur la mĂ©diation conventionnelle et lâarbitrage, dĂ©sormais autonome par rapport au Code de procĂ©dure civile. Le Maroc a ainsi opĂ©rĂ© un tournant stratĂ©gique en sortant ces mĂ©canismes du cadre classique du Code, comme câĂ©tait le cas auparavant. Aujourdâhui, nous disposons dâun environnement juridique solide, dâun centre dâenvergure internationale et dâun rĂ©seau dâarbitres reconnus », nous confie Hicham Zegrary, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral du CIMAC.
Et de poursuivre : « Lâun des chantiers majeurs pour les annĂ©es Ă venir reste la formation. Il est crucial de dĂ©velopper des programmes dĂ©diĂ©s aux juristes, aux avocats et aux arbitres â au Maroc, mais aussi Ă destination de nos partenaires et amis dâAfrique subsaharienne. Beaucoup viennent se former en droit au Maroc, attirĂ©s par la qualitĂ© de notre Ă©cosystĂšme. Le CIMAC, Ă lâimage de Casablanca, se positionne ainsi comme une vĂ©ritable place dâarbitrage international, au service non seulement du Maroc, mais de lâensemble du continent ».
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La prĂ©sence du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ainsi que la signature dâun protocole dâaccord avec la Singapore International Dispute Resolution Academy, tĂ©moignent dâune volontĂ© dâinscrire le Maroc dans les rĂ©seaux globaux de production et de diffusion des normes juridiques. Ce partenariat ouvre la voie Ă des Ă©changes acadĂ©miques et opĂ©rationnels, renforçant la crĂ©dibilitĂ© du CIMAC et son ancrage dans les standards internationaux. Au-delĂ des indicateurs quantitatifs, câest la qualitĂ© institutionnelle du CIMAC qui interpelle. Lâabsence totale de recours en annulation en dix ans constitue un signal fort de robustesse juridique et de confiance.
Cette performance rare dans le secteur traduit non seulement la soliditĂ© des procĂ©dures mises en place, mais Ă©galement la compĂ©tence des arbitres mobilisĂ©s. Dans un univers oĂč la rĂ©putation est un actif central, le CIMAC semble avoir franchi un cap dĂ©cisif. Par ailleurs, la clause CIMAC sĂ©curise aujourdâhui un volume dâactifs estimĂ© Ă 10 milliards de dirhams, illustrant lâappropriation progressive de cet outil par les opĂ©rateurs Ă©conomiques. Ce chiffre, au-delĂ de sa dimension financiĂšre, reflĂšte une mutation plus profonde : lâĂ©mergence dâune culture de lâarbitrage en Afrique, portĂ©e par des institutions locales capables de rivaliser avec les standards internationaux.

Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice
Pour Casablanca Finance City, le CIMAC reprĂ©sente bien plus quâun instrument technique. Il constitue un pilier de son attractivitĂ© globale et un vecteur de souverainetĂ© juridique. En permettant de rĂ©soudre localement des litiges Ă dimension internationale, le Maroc affirme une ambition stratĂ©gique : celle de participer Ă la redĂ©finition des rĂšgles du jeu Ă©conomique sur le continent. Dans un monde oĂč le droit devient un outil de puissance, cette capacitĂ© Ă produire et Ă administrer des normes constitue un avantage compĂ©titif majeur.
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« Le CIMAC illustre concrĂštement la contribution de CFC Ă lâattractivitĂ© de lâAfrique. Au-delĂ de lâavantage compĂ©titif quâil offre Ă notre hub et Ă nos membres, il porte lâune de nos ambitions les plus structurantes : celle de contribuer Ă lâĂ©mergence dâun cadre juridique souverain en Afrique. Permettre Ă notre continent de se doter de ses propres mĂ©canismes dâarbitrage, de rĂ©soudre localement les diffĂ©rends qui le concernent, câest franchir une Ă©tape dĂ©cisive vers la co-Ă©mergence et le codĂ©veloppement », affirme SaĂŻd Ibrahimi, CEO de Casablanca Finance City Authority.
