Casablanca, mĂ©tropole vibrante du Royaume, ne se rĂ©sume pas Ă ses gratte-ciels modernes ni Ă la touche occidentale de ses hĂŽtels cossus. Au-delĂ de ses venelles sinueuses, de ses boulevards effervescents et de ses avenues majestueuses bordĂ©es de palmiers, sommeille un joyau architectural insoupçonnĂ©. Lâallusion est ici faite Ă lâArt dĂ©co, ce courant, Ă la fois gĂ©omĂ©trique, stylisĂ© et luxuriant qui incarne un moment charniĂšre de lâhistoire urbaine, oĂč se croisent tradition, modernitĂ© et empreinte coloniale. Ămergeant dans les annĂ©es 1920, lâArt dĂ©co a trouvĂ© Ă Casablanca un terreau fertile pour sâexprimer, non sans allĂ©gresse, transformant la Capitale Ă©conomique du pays en un laboratoire Ă ciel ouvert pour les architectes europĂ©ens de lâentre-deux-guerres.
L'urbanisme, une vitrine coloniale
Ă partir de 1912, la CitĂ© blanche devient le principal chantier de lâadministration française au Maroc. Henri Prost, urbaniste en chef du Protectorat, conçoit un plan dâamĂ©nagement oĂč lâordre, lâhygiĂšne et la monumentalitĂ© deviennent les maĂźtres-mots. LâidĂ©e est, dâemblĂ©e, claire: faire de Casablanca la vitrine moderne dâun empire colonial "Ă©clairĂ©", en contraste avec lâimage de la mĂ©dina traditionnelle.
Pour commenter ce contexte, lâarchitecte Rachid Andaloussi nous rappelle que le style Art dĂ©co sâest imposĂ© progressivement dans le tissu urbain casablancais : «adaptĂ© au climat, le style Art dĂ©co sâest graduellement mĂȘlĂ© Ă lâarchitecture nĂ©o-mauresque dĂ©jĂ en vogue ces annĂ©es-lĂ . Câest pour cela que les façades blanches, les motifs gĂ©omĂ©triques inspirĂ©s du zellige, les ferronneries stylisĂ©es, les bow-windows (ou fenĂȘtres arquĂ©es pour rester francophone, ndlr) et les entrĂ©es cintrĂ©es donnent naissance Ă une hybridation architecturale quâon ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde».
Toujours selon ses mots : «à Casablanca, lâArt dĂ©co nâest pas une importation servile, mais une rĂ©invention locale, adaptĂ© Ă la culture et aux traditions marocaines».
Un dialogue stylistique unique
Conçu par Pierre Bousquet en 1919, le MarchĂ© Central illustre parfaitement cette symbiose : ses arcades mauresques abritent une structure rationnelle et fonctionnelle, Ă lâimage des halles europĂ©ennes. A un jet de pierre, sur le boulevard Mohammed V, se succĂšdent des chefs-dâĆuvre qui rendent Ă lâarchitecture Art dĂ©co toutes ses lettres de noblesse. Citons parmi ces Ă©difices emblĂ©matiques la Banque d'Ătat du Maroc, rĂ©alisĂ©e en 1937 par Edmond Brion, la Wilaya, construite en 1928 par Marius Boyer, ou encore lâimmeuble LĂ©vy-Bendayan, vĂ©ritable totem de lâArt dĂ©co avec ses façades striĂ©es et ses motifs en cascade, Ă©galement signĂ© de la main de cet architecte majeur.
Marius Boyer, qui signa notamment lâHĂŽtel Excelsior et la CinĂ©mathĂšque Vox, fut lâun des artisans majeurs de ce style architectural Ă Casablanca, car il sut adapter les prĂ©ceptes de lâArt dĂ©co Ă la lumiĂšre crue de lâAtlantique et aux contraintes du bĂ©ton, alors matĂ©riau de choix pour bĂątir vite et grand.
Dans ce style, les cinĂ©mas occupent une place prĂ©pondĂ©rante, Ă©tant de vĂ©ritables temples de la modernitĂ©, surtout si lâon sait quâils ont Ă©tĂ© conçus comme des lieux dâĂ©vasion et de lumiĂšre. Le cinĂ©ma Rialto, conçu par Pierre Jabin et inaugurĂ© en 1929, est sans doute le plus emblĂ©matique. Sa façade sobre, sa mezzanine intĂ©rieure, ses lignes pures : tout y exprime lâĂ©lĂ©gance et lâesprit de son temps.
Quâon se le dise sans tabous : Ă lâĂ©poque coloniale, Casablanca comptait prĂšs dâune centaine de salles de projection, mais aujourdâhui, trĂšs peu ont survĂ©cu.
Patrimoine menacé, mémoire vivante
Depuis les annĂ©es 2000, des voix sâĂ©lĂšvent pour prĂ©server ce patrimoine en danger. Plusieurs associations, comme CasamĂ©moire, se battent pour documenter, restaurer et faire connaĂźtre ces joyaux oubliĂ©s, car si certains bĂątiments ont Ă©tĂ© restaurĂ©s, Ă lâimage de lâimmeuble LibertĂ©, premier gratte-ciel dâAfrique du Nord, dâautres sont menacĂ©s de dĂ©molition ou de dĂ©figuration.
Au-delĂ du patrimoine bĂąti, certains architectes contemporains puisent encore dans ce vocabulaire. Jean-François Zevaco, actif dans les annĂ©es 60 et 70, a su rĂ©interprĂ©ter lâArt dĂ©co avec une touche brutaliste, comme dans sa cĂ©lĂšbre fontaine en forme de ballon sise, depuis 1975, en pleine place des Nations Unies. Plus rĂ©cemment, des projets comme la gare Casa-Port, reconstruite en 2015, cherchent Ă inscrire Casablanca dans la continuitĂ© dâune modernitĂ© architecturale locale.
Ainsi, flĂąner dans Casablanca, câest lire un livre de pierre et de lumiĂšre, oĂč chaque façade, chaque balcon, chaque dĂ©tail ornemental devient un fragment de mĂ©moire.
L'urbanisme, une vitrine coloniale
Ă partir de 1912, la CitĂ© blanche devient le principal chantier de lâadministration française au Maroc. Henri Prost, urbaniste en chef du Protectorat, conçoit un plan dâamĂ©nagement oĂč lâordre, lâhygiĂšne et la monumentalitĂ© deviennent les maĂźtres-mots. LâidĂ©e est, dâemblĂ©e, claire: faire de Casablanca la vitrine moderne dâun empire colonial "Ă©clairĂ©", en contraste avec lâimage de la mĂ©dina traditionnelle.
Pour commenter ce contexte, lâarchitecte Rachid Andaloussi nous rappelle que le style Art dĂ©co sâest imposĂ© progressivement dans le tissu urbain casablancais : «adaptĂ© au climat, le style Art dĂ©co sâest graduellement mĂȘlĂ© Ă lâarchitecture nĂ©o-mauresque dĂ©jĂ en vogue ces annĂ©es-lĂ . Câest pour cela que les façades blanches, les motifs gĂ©omĂ©triques inspirĂ©s du zellige, les ferronneries stylisĂ©es, les bow-windows (ou fenĂȘtres arquĂ©es pour rester francophone, ndlr) et les entrĂ©es cintrĂ©es donnent naissance Ă une hybridation architecturale quâon ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde».
Toujours selon ses mots : «à Casablanca, lâArt dĂ©co nâest pas une importation servile, mais une rĂ©invention locale, adaptĂ© Ă la culture et aux traditions marocaines».
Un dialogue stylistique unique
Conçu par Pierre Bousquet en 1919, le MarchĂ© Central illustre parfaitement cette symbiose : ses arcades mauresques abritent une structure rationnelle et fonctionnelle, Ă lâimage des halles europĂ©ennes. A un jet de pierre, sur le boulevard Mohammed V, se succĂšdent des chefs-dâĆuvre qui rendent Ă lâarchitecture Art dĂ©co toutes ses lettres de noblesse. Citons parmi ces Ă©difices emblĂ©matiques la Banque d'Ătat du Maroc, rĂ©alisĂ©e en 1937 par Edmond Brion, la Wilaya, construite en 1928 par Marius Boyer, ou encore lâimmeuble LĂ©vy-Bendayan, vĂ©ritable totem de lâArt dĂ©co avec ses façades striĂ©es et ses motifs en cascade, Ă©galement signĂ© de la main de cet architecte majeur.
Marius Boyer, qui signa notamment lâHĂŽtel Excelsior et la CinĂ©mathĂšque Vox, fut lâun des artisans majeurs de ce style architectural Ă Casablanca, car il sut adapter les prĂ©ceptes de lâArt dĂ©co Ă la lumiĂšre crue de lâAtlantique et aux contraintes du bĂ©ton, alors matĂ©riau de choix pour bĂątir vite et grand.
Dans ce style, les cinĂ©mas occupent une place prĂ©pondĂ©rante, Ă©tant de vĂ©ritables temples de la modernitĂ©, surtout si lâon sait quâils ont Ă©tĂ© conçus comme des lieux dâĂ©vasion et de lumiĂšre. Le cinĂ©ma Rialto, conçu par Pierre Jabin et inaugurĂ© en 1929, est sans doute le plus emblĂ©matique. Sa façade sobre, sa mezzanine intĂ©rieure, ses lignes pures : tout y exprime lâĂ©lĂ©gance et lâesprit de son temps.
Quâon se le dise sans tabous : Ă lâĂ©poque coloniale, Casablanca comptait prĂšs dâune centaine de salles de projection, mais aujourdâhui, trĂšs peu ont survĂ©cu.
Patrimoine menacé, mémoire vivante
Depuis les annĂ©es 2000, des voix sâĂ©lĂšvent pour prĂ©server ce patrimoine en danger. Plusieurs associations, comme CasamĂ©moire, se battent pour documenter, restaurer et faire connaĂźtre ces joyaux oubliĂ©s, car si certains bĂątiments ont Ă©tĂ© restaurĂ©s, Ă lâimage de lâimmeuble LibertĂ©, premier gratte-ciel dâAfrique du Nord, dâautres sont menacĂ©s de dĂ©molition ou de dĂ©figuration.
Au-delĂ du patrimoine bĂąti, certains architectes contemporains puisent encore dans ce vocabulaire. Jean-François Zevaco, actif dans les annĂ©es 60 et 70, a su rĂ©interprĂ©ter lâArt dĂ©co avec une touche brutaliste, comme dans sa cĂ©lĂšbre fontaine en forme de ballon sise, depuis 1975, en pleine place des Nations Unies. Plus rĂ©cemment, des projets comme la gare Casa-Port, reconstruite en 2015, cherchent Ă inscrire Casablanca dans la continuitĂ© dâune modernitĂ© architecturale locale.
Ainsi, flĂąner dans Casablanca, câest lire un livre de pierre et de lumiĂšre, oĂč chaque façade, chaque balcon, chaque dĂ©tail ornemental devient un fragment de mĂ©moire.
Flashback Mers Sultan, un fleuron architectural et historique
Pendant le Protectorat français au Maroc, le quartier de Mers Sultan constituait la limite sud de la «ville européenne», marquant, ipso facto, la transition entre les quartiers modernes et la médina historique.
Etymologiquement «Mers» signifie «port» tandis que «Sultan» fait référence au Souverain. Ainsi, le nom se traduit par «le port du Sultan», faisant allusion à l'importance historique de cette zone pour le commerce maritime. Dans les années 1910, alors que le protectorat français se mettait en place, l'urbaniste Henri Prost a esquissé les contours d'un quartier promis à un bel avenir. Ses plans vont tout de suite donner corps et ùme à une structure urbaine audacieuse et moderne.
Les années 1930 ont, pour leur part, vu une floraison d'immeubles Art déco s'élever dans le ciel marocain. Ces bijoux architecturaux, aux lignes épurées et aux motifs géométriques, semblaient braver le temps, conférant à Mers Sultan une élégance intemporelle. Chaque façade raconte une histoire, chaque balcon résonne d'une mélodie silencieuse de l'entre-deux-guerres.
En 1956, dĂšs lâindĂ©pendance du Maroc, Mers Sultan se dĂ©ploie et se densifie. De nouveaux immeubles plus modernes cĂŽtoient leurs aĂźnĂ©s Art dĂ©co, crĂ©ant un dialogue architectural entre passĂ© et prĂ©sent, tradition et modernitĂ©.
à l'aube du XXIÚme siÚcle, Mers Sultan est confronté à un nouveau défi : préserver son ùme tout en embrassant l'avenir.
Aujourd'hui, Mers Sultan est un quartier animĂ© qui allie savamment histoire et modernitĂ©. Il accueille des Ă©difices emblĂ©matiques comme l'Ă©glise du SacrĂ©-CĆur et le marchĂ© central, tĂ©moins de son riche passĂ©, tout en offrant une vie urbaine animĂ©e avec des commerces, des cafĂ©s et des espaces culturels.
Etymologiquement «Mers» signifie «port» tandis que «Sultan» fait référence au Souverain. Ainsi, le nom se traduit par «le port du Sultan», faisant allusion à l'importance historique de cette zone pour le commerce maritime. Dans les années 1910, alors que le protectorat français se mettait en place, l'urbaniste Henri Prost a esquissé les contours d'un quartier promis à un bel avenir. Ses plans vont tout de suite donner corps et ùme à une structure urbaine audacieuse et moderne.
Les années 1930 ont, pour leur part, vu une floraison d'immeubles Art déco s'élever dans le ciel marocain. Ces bijoux architecturaux, aux lignes épurées et aux motifs géométriques, semblaient braver le temps, conférant à Mers Sultan une élégance intemporelle. Chaque façade raconte une histoire, chaque balcon résonne d'une mélodie silencieuse de l'entre-deux-guerres.
En 1956, dĂšs lâindĂ©pendance du Maroc, Mers Sultan se dĂ©ploie et se densifie. De nouveaux immeubles plus modernes cĂŽtoient leurs aĂźnĂ©s Art dĂ©co, crĂ©ant un dialogue architectural entre passĂ© et prĂ©sent, tradition et modernitĂ©.
à l'aube du XXIÚme siÚcle, Mers Sultan est confronté à un nouveau défi : préserver son ùme tout en embrassant l'avenir.
Aujourd'hui, Mers Sultan est un quartier animĂ© qui allie savamment histoire et modernitĂ©. Il accueille des Ă©difices emblĂ©matiques comme l'Ă©glise du SacrĂ©-CĆur et le marchĂ© central, tĂ©moins de son riche passĂ©, tout en offrant une vie urbaine animĂ©e avec des commerces, des cafĂ©s et des espaces culturels.
Tour dâhorizon : Une visite au grĂ© de lâespace et du temps
Visiter Casablanca aujourdâhui, câest comme parcourir un musĂ©e Ă ciel ouvert. Le centre-ville regorge dâun nombre impressionnant de bĂątiments Art dĂ©co. Bien souvent mĂ©connus, parfois mal entretenus, ces Ă©difices restent cependant des tĂ©moins prĂ©cieux de lâHistoire de la ville. Forte de son hĂ©ritage culturel, cette derniĂšre se distingue par la richesse et la diversitĂ© de son architecture en alliant harmonieusement le style mauresque et la touche europĂ©enne Art dĂ©co, crĂ©ant une ligne dâhorizon singuliĂšre.
En effet, que ce soit pour le tourisme ou les affaires, Casablanca offre des panoramas architecturaux variĂ©s, tĂ©moignant de son passĂ© et de son prĂ©sent. Ainsi, lors dâune visite guidĂ©e en compagnie dâun architecte, telle que celle rĂ©cemment rĂ©alisĂ©e par «L'Opinion», l'occasion de dĂ©couvrir certains des monuments les plus emblĂ©matiques de la ville sâoffre Ă nous. Ce parcours, qui nous mĂšne des Habbous Ă LibertĂ©, nous conduit Ă travers plusieurs points de repĂšre incontournables, offrant une immersion fascinante dans lâHistoire architecturale de Casablanca.
Non loin de là , le Palais Royal, niché dans le quartier pittoresque des Habous, exhibe la splendeur de ses portes colorées et de son architecture extérieure qui en font un site incontournable.
AprĂšs une brĂšve promenade, nous arrivons Ă lâImmeuble LibertĂ©, conçu par l'architecte LĂ©onard Morandi en 1951. Ce bĂątiment, le premier de cette hauteur en Afrique du Nord (78 mĂštres) tĂ©moigne du dĂ©veloppement urbain spectaculaire de la ville.
Nous poursuivons notre visite avec lâĂ©glise Notre-Dame de Lourdes, Ă©rigĂ©e en 1954 par Achille Dangleterre et lâingĂ©nieur Gaston Zimmer. Cet Ă©difice, au design moderniste europĂ©en, contraste magnifiquement avec ses vitraux colorĂ©s et ses murs dâun blanc Ă©clatant.
En continuant, nous nous dirigeons vers la Villa des Arts, une majestueuse demeure des annĂ©es 1930 rĂ©novĂ©e par lâarchitecte et ex-prĂ©sident de CasamĂ©moire, Rachid Andaloussi. Ce bĂątiment accueille aujourdâhui des expositions dâart contemporain, faisant le lien entre l'architecture historique et les expressions artistiques modernes.
Nous poursuivons avec la cathĂ©drale du SacrĂ©-CĆur, construite dans les annĂ©es 1930 et dĂ©saffectĂ©e deux dĂ©cennies plus tard. MalgrĂ© son abandon, sa silhouette imposante et ses deux clochetons dominent toujours le paysage urbain.
Notre parcours sâachĂšve sur la place Mohammed V, vĂ©ritable Ă©picentre institutionnel. Entre les Ă©difices Ă lâinspiration mauresque, la Wilaya et les Cours de justice, et lâaudacieuse architecture contemporaine du Grand Théùtre signĂ© Christian de Portzamparc, la place reflĂšte le dialogue entre hĂ©ritage et modernitĂ©. La fontaine emblĂ©matique, dĂ©placĂ©e lors des travaux, continue dây jouer son rĂŽle de point de rencontre.
En effet, que ce soit pour le tourisme ou les affaires, Casablanca offre des panoramas architecturaux variĂ©s, tĂ©moignant de son passĂ© et de son prĂ©sent. Ainsi, lors dâune visite guidĂ©e en compagnie dâun architecte, telle que celle rĂ©cemment rĂ©alisĂ©e par «L'Opinion», l'occasion de dĂ©couvrir certains des monuments les plus emblĂ©matiques de la ville sâoffre Ă nous. Ce parcours, qui nous mĂšne des Habbous Ă LibertĂ©, nous conduit Ă travers plusieurs points de repĂšre incontournables, offrant une immersion fascinante dans lâHistoire architecturale de Casablanca.
Non loin de là , le Palais Royal, niché dans le quartier pittoresque des Habous, exhibe la splendeur de ses portes colorées et de son architecture extérieure qui en font un site incontournable.
AprĂšs une brĂšve promenade, nous arrivons Ă lâImmeuble LibertĂ©, conçu par l'architecte LĂ©onard Morandi en 1951. Ce bĂątiment, le premier de cette hauteur en Afrique du Nord (78 mĂštres) tĂ©moigne du dĂ©veloppement urbain spectaculaire de la ville.
Nous poursuivons notre visite avec lâĂ©glise Notre-Dame de Lourdes, Ă©rigĂ©e en 1954 par Achille Dangleterre et lâingĂ©nieur Gaston Zimmer. Cet Ă©difice, au design moderniste europĂ©en, contraste magnifiquement avec ses vitraux colorĂ©s et ses murs dâun blanc Ă©clatant.
En continuant, nous nous dirigeons vers la Villa des Arts, une majestueuse demeure des annĂ©es 1930 rĂ©novĂ©e par lâarchitecte et ex-prĂ©sident de CasamĂ©moire, Rachid Andaloussi. Ce bĂątiment accueille aujourdâhui des expositions dâart contemporain, faisant le lien entre l'architecture historique et les expressions artistiques modernes.
Nous poursuivons avec la cathĂ©drale du SacrĂ©-CĆur, construite dans les annĂ©es 1930 et dĂ©saffectĂ©e deux dĂ©cennies plus tard. MalgrĂ© son abandon, sa silhouette imposante et ses deux clochetons dominent toujours le paysage urbain.
Notre parcours sâachĂšve sur la place Mohammed V, vĂ©ritable Ă©picentre institutionnel. Entre les Ă©difices Ă lâinspiration mauresque, la Wilaya et les Cours de justice, et lâaudacieuse architecture contemporaine du Grand Théùtre signĂ© Christian de Portzamparc, la place reflĂšte le dialogue entre hĂ©ritage et modernitĂ©. La fontaine emblĂ©matique, dĂ©placĂ©e lors des travaux, continue dây jouer son rĂŽle de point de rencontre.
HĂŽtellerie : Lincoln ou lâĂ©popĂ©e dâun Ă©crin Art DĂ©co
LâHistoire de la construction de l'hĂŽtel Lincoln est intimement liĂ©e Ă celle de Casablanca, ville en pleine effervescence au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle. Tout commence en 1916, alors que la ville connaĂźt un boom Ă©conomique et dĂ©mographique sans prĂ©cĂ©dent sous le Protectorat français.
C'est dans ce contexte qu'un riche entrepreneur français, dont le nom s'est perdu dans les mĂ©andres de l'Histoire, dĂ©cide d'investir dans un projet ambitieux : la construction d'un hĂŽtel de luxe qui deviendrait le fleuron de l'hospitalitĂ© casablancaise. Le site choisi ad hoc est stratĂ©gique, soit au cĆur du quartier des affaires en plein dĂ©veloppement.
Les travaux débutent en 1917. La premiÚre version de l'hÎtel Lincoln, achevée en 1918, laissait paraßtre un bùtiment assez élégant mais relativement modeste comparé à ce qu'il deviendra plus tard.
Pendant prÚs de deux décennies, l'hÎtel Lincoln accueille une clientÚle selecte, devenant rapidement un lieu incontournable de la vie sociale casablancaise. Cependant, avec l'évolution rapide de la ville et les changements de goûts architecturaux, il apparaßt bientÎt comme dépassé.
C'est en 1935 qu'intervient un tournant majeur. Les propriétaires de l'hÎtel, conscients de la nécessité de moderniser leur établissement, font appel à l'architecte Hubert Bride. Celui-ci propose un projet audacieux : plutÎt que de simples rénovations, il suggÚre une reconstruction presque totale dans le style Art déco alors en vogue.
Les travaux de cette seconde naissance dĂ©butent en 1936. Bride conçoit un Ă©difice spectaculaire, mĂȘlant les influences europĂ©ennes et les motifs traditionnels marocains. La façade est ornĂ©e de motifs gĂ©omĂ©triques complexes et les balcons en fer forgĂ© tandis que l'intĂ©rieur est amĂ©nagĂ© avec un luxe raffinĂ©.
En 1938, le nouvel hÎtel Lincoln est inauguré en grande pompe et devient instantanément le symbole du Casablanca moderne, cosmopolite et luxueux.
Ainsi s'achÚve l'épopée de la construction de l'hÎtel Lincoln, un chantier qui aura duré plus de deux décennies et qui aura vu l'édifice se transformer, à l'image de la ville, d'un simple hÎtel en un véritable joyau architectural.
C'est dans ce contexte qu'un riche entrepreneur français, dont le nom s'est perdu dans les mĂ©andres de l'Histoire, dĂ©cide d'investir dans un projet ambitieux : la construction d'un hĂŽtel de luxe qui deviendrait le fleuron de l'hospitalitĂ© casablancaise. Le site choisi ad hoc est stratĂ©gique, soit au cĆur du quartier des affaires en plein dĂ©veloppement.
Les travaux débutent en 1917. La premiÚre version de l'hÎtel Lincoln, achevée en 1918, laissait paraßtre un bùtiment assez élégant mais relativement modeste comparé à ce qu'il deviendra plus tard.
Pendant prÚs de deux décennies, l'hÎtel Lincoln accueille une clientÚle selecte, devenant rapidement un lieu incontournable de la vie sociale casablancaise. Cependant, avec l'évolution rapide de la ville et les changements de goûts architecturaux, il apparaßt bientÎt comme dépassé.
C'est en 1935 qu'intervient un tournant majeur. Les propriétaires de l'hÎtel, conscients de la nécessité de moderniser leur établissement, font appel à l'architecte Hubert Bride. Celui-ci propose un projet audacieux : plutÎt que de simples rénovations, il suggÚre une reconstruction presque totale dans le style Art déco alors en vogue.
Les travaux de cette seconde naissance dĂ©butent en 1936. Bride conçoit un Ă©difice spectaculaire, mĂȘlant les influences europĂ©ennes et les motifs traditionnels marocains. La façade est ornĂ©e de motifs gĂ©omĂ©triques complexes et les balcons en fer forgĂ© tandis que l'intĂ©rieur est amĂ©nagĂ© avec un luxe raffinĂ©.
En 1938, le nouvel hÎtel Lincoln est inauguré en grande pompe et devient instantanément le symbole du Casablanca moderne, cosmopolite et luxueux.
Ainsi s'achÚve l'épopée de la construction de l'hÎtel Lincoln, un chantier qui aura duré plus de deux décennies et qui aura vu l'édifice se transformer, à l'image de la ville, d'un simple hÎtel en un véritable joyau architectural.
Transition : Une fabuleuse mue urbanistique
A l'image de Casablanca, Mers Sultan dispose d'un paysage urbain hétérogÚne et hétéroclite à la fois et son patrimoine architectural contribue fortement à sa valorisation territoriale. Ce legs historique est constitué de divers éléments liés à de grands courants architecturaux : Arabo-musulman, Art déco, post-moderne, etc.
Comme nous l'apprend l'architecte et militant culturel Rachid Andaloussi, la mue de ce plan urbanistique s'est faite par paliers successifs et, Ă quelques rares diffĂ©rences prĂšs, c'est dans la vieille MĂ©dina que se dressent les Ă©difices qui illustrent le panorama de la MĂ©tropole Ă l'aube du 19Ăšme siĂšcle. Il s'agit des fragments de remparts tels que Bab el Marsa et Sqala, des mosquĂ©es Jamaa ould el Hamra et Jamaa el Kebir et du wali Sidi Allal El-Kairouani. Les bĂątiments qui attestent du progrĂšs de la ville avant le XXĂšme siĂšcle sont analogues Ă ceux des villes littorales marocaines comme Azemmour ou El Jadida, et le plus frĂ©quemment Ă ceux de l'Andalousie atlantique, d'oĂč Ă©tait issue la majeure partie des rĂ©sidents Ă©trangers.
Casablanca est Ă©galement connue par son approche Ă©clectique (l'Ă©clectisme Ă©tant une tendance architecturale mĂȘlant plusieurs styles dans une mĂȘme Ćuvre, ndlr). Celle-ci se fonde sur l'utilisation de rĂ©pertoires architecturaux empruntĂ©s Ă l'histoire, notamment au classicisme français du XVIIIĂšme siĂšcle. Ces Ă©lĂ©ments sont hiĂ©rarchisĂ©s selon les modes de composition acadĂ©miques dispensĂ©s. Sur le plan symĂ©trique, les constructions sont gĂ©nĂ©ralement structurĂ©es de maniĂšre homogĂšne, qu'il s'agisse d'immeubles d'angle ou d'immeubles d'alignement. Sur le plan vertical, elles se composent d'une base et d'un entablement, parfois prolongĂ©s par des superstructures, sĂ©parĂ©s par une partie mĂ©diane rythmĂ©e par des colonnes, des pilastres ou de simples encadrements moulurĂ©s.
Comme nous l'apprend l'architecte et militant culturel Rachid Andaloussi, la mue de ce plan urbanistique s'est faite par paliers successifs et, Ă quelques rares diffĂ©rences prĂšs, c'est dans la vieille MĂ©dina que se dressent les Ă©difices qui illustrent le panorama de la MĂ©tropole Ă l'aube du 19Ăšme siĂšcle. Il s'agit des fragments de remparts tels que Bab el Marsa et Sqala, des mosquĂ©es Jamaa ould el Hamra et Jamaa el Kebir et du wali Sidi Allal El-Kairouani. Les bĂątiments qui attestent du progrĂšs de la ville avant le XXĂšme siĂšcle sont analogues Ă ceux des villes littorales marocaines comme Azemmour ou El Jadida, et le plus frĂ©quemment Ă ceux de l'Andalousie atlantique, d'oĂč Ă©tait issue la majeure partie des rĂ©sidents Ă©trangers.
Casablanca est Ă©galement connue par son approche Ă©clectique (l'Ă©clectisme Ă©tant une tendance architecturale mĂȘlant plusieurs styles dans une mĂȘme Ćuvre, ndlr). Celle-ci se fonde sur l'utilisation de rĂ©pertoires architecturaux empruntĂ©s Ă l'histoire, notamment au classicisme français du XVIIIĂšme siĂšcle. Ces Ă©lĂ©ments sont hiĂ©rarchisĂ©s selon les modes de composition acadĂ©miques dispensĂ©s. Sur le plan symĂ©trique, les constructions sont gĂ©nĂ©ralement structurĂ©es de maniĂšre homogĂšne, qu'il s'agisse d'immeubles d'angle ou d'immeubles d'alignement. Sur le plan vertical, elles se composent d'une base et d'un entablement, parfois prolongĂ©s par des superstructures, sĂ©parĂ©s par une partie mĂ©diane rythmĂ©e par des colonnes, des pilastres ou de simples encadrements moulurĂ©s.
