En cet aprÚs-midi de juillet, les habitants exténués par les hautes températures font face à un autre tourment moins visible mais tout aussi affligeant : les odeurs putrides qui s'échappent des canalisations. Dans certains quartiers, comme El Fath, la vie quotidienne devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que le mercure caracole.
« Lâodeur devient pestilentielle quand la chaleur monte, surtout en cette pĂ©riode de lâannĂ©e », se plaint Dalila, commerçante dans ce quartier. « Ce nâest pas de la pluie, câest juste que les canalisations sont saturĂ©es et les eaux usĂ©es stagnent», fulmine-t-elle. LâĂ©tĂ©, le problĂšme de lâassainissement liquide prend une autre dimension : celle des nuisances olfactives, sanitaires et du sentiment dâabandon dans certains quartiers en pĂ©riphĂ©rie. Mais sur le terrain, les choses bougent et la tutelle renforce sa riposte.
Commune en pleine expansion, Bouskoura a vu sa population dĂ©passer les 160.000 habitants en 2024, dopĂ©e par une croissance immobiliĂšre accĂ©lĂ©rĂ©e et une attractivitĂ© Ă©conomique croissante. Cette Ă©volution sâest souvent faite plus vite que les infrastructures ne pouvaient suivre. RĂ©sultat : plusieurs zones pĂ©riphĂ©riques souffrent dâun rĂ©seau dâassainissement sous-dimensionnĂ© ou inachevĂ©, provoquant des refoulements dâeaux usĂ©es, particuliĂšrement critiques en pĂ©riode de chaleur.
Mais les autoritĂ©s sont pleinement mobilisĂ©es. Le ministĂšre de lâĂquipement et de lâEau, via lâOffice National de lâĂlectricitĂ© et de lâEau potable (ONEE), a mis en place un programme dâurgence dâassainissement Ă Bouskoura dans le cadre du Plan national dâassainissement liquide et de rĂ©utilisation des eaux usĂ©es (PNA). Ce plan mobilise 83 millions de dirhams pour la commune, sur un budget global de 196 millions de dirhams dĂ©diĂ© Ă lâensemble de la prĂ©fecture de Nouaceur.
Selon des documents officiels consultĂ©s par notre rĂ©daction, 24 chantiers sont en cours Ă Bouskoura : modernisation des collecteurs principaux, extension du rĂ©seau secondaire dans les quartiers en croissance (Oulad Saleh, Douar Essaqia), et mise Ă niveau de 4 stations de pompage. Une unitĂ© de prĂ©traitement mobile a mĂȘme Ă©tĂ© installĂ©e en juin 2025 pour attĂ©nuer les nuisances dans les zones les plus critiques.
La tutelle ne se contente pas de dĂ©bloquer les budgets. Elle exige des comptes. En mai dernier, le ministĂšre a adressĂ© des avertissements formels Ă 7 promoteurs immobiliers pour non-conformitĂ© aux normes de raccordement et a suspendu provisoirement les autorisations de deux lotissements situĂ©s Ă proximitĂ© de la zone industrielle. « LâĂtat ne tolĂ©rera plus les raccordements clandestins ni les rejets directs dans lâenvironnement », a dĂ©clarĂ© un responsable rĂ©gional de lâONEE.
En parallĂšle, la commune a lancĂ© une campagne de sensibilisation en collaboration avec la Wilaya, visant Ă responsabiliser les usagers domestiques et industriels. Une cellule de veille sanitaire a Ă©tĂ© activĂ©e avec la DĂ©lĂ©gation du ministĂšre de la SantĂ©, notamment pour prĂ©venir les risques de prolifĂ©ration de moustiques ou dâĂ©pidĂ©mies hydriques liĂ©es aux eaux stagnantes.
« On voit les ouvriers chaque jour, les caniveaux sont nettoyĂ©s, les Ă©gouts dĂ©sengorgĂ©s. Il y a des efforts, mais câest long », tempĂšre Omar, agent de sĂ©curitĂ© dans une rĂ©sidence du quartier Al Qods. Pourtant, les rĂ©sultats commencent Ă se faire sentir : selon lâONEE, le taux de raccordement au rĂ©seau dâassainissement est passĂ© de 52% en 2018 Ă 78% fin 2024, avec un objectif de 95% dâici fin 2027.
Houda BELABD
« Lâodeur devient pestilentielle quand la chaleur monte, surtout en cette pĂ©riode de lâannĂ©e », se plaint Dalila, commerçante dans ce quartier. « Ce nâest pas de la pluie, câest juste que les canalisations sont saturĂ©es et les eaux usĂ©es stagnent», fulmine-t-elle. LâĂ©tĂ©, le problĂšme de lâassainissement liquide prend une autre dimension : celle des nuisances olfactives, sanitaires et du sentiment dâabandon dans certains quartiers en pĂ©riphĂ©rie. Mais sur le terrain, les choses bougent et la tutelle renforce sa riposte.
Commune en pleine expansion, Bouskoura a vu sa population dĂ©passer les 160.000 habitants en 2024, dopĂ©e par une croissance immobiliĂšre accĂ©lĂ©rĂ©e et une attractivitĂ© Ă©conomique croissante. Cette Ă©volution sâest souvent faite plus vite que les infrastructures ne pouvaient suivre. RĂ©sultat : plusieurs zones pĂ©riphĂ©riques souffrent dâun rĂ©seau dâassainissement sous-dimensionnĂ© ou inachevĂ©, provoquant des refoulements dâeaux usĂ©es, particuliĂšrement critiques en pĂ©riode de chaleur.
Mais les autoritĂ©s sont pleinement mobilisĂ©es. Le ministĂšre de lâĂquipement et de lâEau, via lâOffice National de lâĂlectricitĂ© et de lâEau potable (ONEE), a mis en place un programme dâurgence dâassainissement Ă Bouskoura dans le cadre du Plan national dâassainissement liquide et de rĂ©utilisation des eaux usĂ©es (PNA). Ce plan mobilise 83 millions de dirhams pour la commune, sur un budget global de 196 millions de dirhams dĂ©diĂ© Ă lâensemble de la prĂ©fecture de Nouaceur.
Selon des documents officiels consultĂ©s par notre rĂ©daction, 24 chantiers sont en cours Ă Bouskoura : modernisation des collecteurs principaux, extension du rĂ©seau secondaire dans les quartiers en croissance (Oulad Saleh, Douar Essaqia), et mise Ă niveau de 4 stations de pompage. Une unitĂ© de prĂ©traitement mobile a mĂȘme Ă©tĂ© installĂ©e en juin 2025 pour attĂ©nuer les nuisances dans les zones les plus critiques.
La tutelle ne se contente pas de dĂ©bloquer les budgets. Elle exige des comptes. En mai dernier, le ministĂšre a adressĂ© des avertissements formels Ă 7 promoteurs immobiliers pour non-conformitĂ© aux normes de raccordement et a suspendu provisoirement les autorisations de deux lotissements situĂ©s Ă proximitĂ© de la zone industrielle. « LâĂtat ne tolĂ©rera plus les raccordements clandestins ni les rejets directs dans lâenvironnement », a dĂ©clarĂ© un responsable rĂ©gional de lâONEE.
En parallĂšle, la commune a lancĂ© une campagne de sensibilisation en collaboration avec la Wilaya, visant Ă responsabiliser les usagers domestiques et industriels. Une cellule de veille sanitaire a Ă©tĂ© activĂ©e avec la DĂ©lĂ©gation du ministĂšre de la SantĂ©, notamment pour prĂ©venir les risques de prolifĂ©ration de moustiques ou dâĂ©pidĂ©mies hydriques liĂ©es aux eaux stagnantes.
« On voit les ouvriers chaque jour, les caniveaux sont nettoyĂ©s, les Ă©gouts dĂ©sengorgĂ©s. Il y a des efforts, mais câest long », tempĂšre Omar, agent de sĂ©curitĂ© dans une rĂ©sidence du quartier Al Qods. Pourtant, les rĂ©sultats commencent Ă se faire sentir : selon lâONEE, le taux de raccordement au rĂ©seau dâassainissement est passĂ© de 52% en 2018 Ă 78% fin 2024, avec un objectif de 95% dâici fin 2027.
Houda BELABD
Faire face aux pics de chaleur
MalgrĂ© les contraintes liĂ©es Ă une croissance urbaine rapide, Bouskoura continue de progresser. LâĂ©tĂ©, en exposant les limites ponctuelles du rĂ©seau dâassainissement, souligne surtout lâimportance de lâaction publique engagĂ©e depuis plusieurs mois. Sur le terrain, lâĂtat et les autoritĂ©s locales nâont pas attendu lâurgence pour intervenir : les premiers travaux ont Ă©tĂ© lancĂ©s bien avant les pics de chaleur, avec une stratĂ©gie ciblĂ©e sur les zones les plus exposĂ©es. Face aux dĂ©sagrĂ©ments ressentis par les habitants (nuisances olfactives, stagnation des eaux et risques sanitaires), la rĂ©ponse des pouvoirs publics sâappuie sur une mobilisation continue, des investissements structurants et un suivi rigoureux des chantiers.
