«Le septième art au service des droits de l’enfant» est le thème de la troisième Rencontre régionale du cinéma et droits de l’Homme qui aura lieu à Kénitra du 11 au 15 novembre 2014.

Cette manifestation cinématographique constitue l’un des événements phares de l’actuelle saison culturelle. Le programme de cette édition, présenté lors d’une conférence de presse, se distingue par sa richesse et sa diversité que ce soit au niveau des expériences cinématographiques des pays participants qu’au niveau des thèmes abordés. Le choix a été porté cette année sur cinq films : «Girafada» du réalisateur palestinien Rani Massalha, «Portes fermées» du cinéaste égyptien Atef Hetata, le film irako-iranien «Les tortues volent aussi» du réalisateur kurde Bahman Ghobadi et le film documentaire «Sur le chemin de l’école» du réalisateur français Pascal Plisson.

En signe d’ouverture sur la société civile de la ville et en vue d’offrir à cette manifestation une forte dimension culturelle et éducative, les organisateurs ont prévu la tenue d’une conférence sur «Le cinéma et la question des droits de l’enfant», ainsi qu’une rencontre avec les réalisateurs et les critiques sur «Le cinéma : la guerre et ses effets sur l’enfant». Ces deux rencontres avec le public cinéphile de la capitale du Gharb seront animées par le réalisateur palestinien Nassri Hajjaj, la cinéaste syrienne Aliaa Khachouk, l’écrivaine palestinienne Abir Sheikh Haidar et l’universitaire Louisette Faréniaux, professeure à l’Université de Lille III. Plusieurs autres espaces de la ville seront également concernés par ce rendez-vous culturel.

Des films destinés aux enfants seront projetés dans les établissements de protection sociale (la maison des jeunes filles et Dar Lekbira), ainsi qu’un autre long métrage réservé aux étudiants de l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de l’Université Ibn Tofail. Une autre rencontre est prévue avec des écrivains, des auteurs, des artistes, des intellectuels et des poètes de Kénitra.

Selon les organisateurs, cet événement cinématographique vise à enrichir et promouvoir la culture des droits de l’Homme par le biais de la créativité et l’image. Hassan Ait Bella, membre de la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Kénitra, a souligné, lors de la conférence de presse, que la commission régionale accorde une importance particulière à la question des droits de l’enfant et aux sujets concernant l’enfance de manière générale. Il n’a pas manqué de rappeler le rôle que jouent l’image et le cinéma pour lutter contre toutes les formes d’exactions et d’exploitation dont peuvent être victimes les enfants, en indiquant que des films marocains et étrangers ont abordé la thématique de l’enfance sous ses différents aspects et ont largement contribué à lever plusieurs tabous. «Cette manifestation, ajoute-t-il, offre l’occasion de s'ouvrir sur d’autres expériences étrangères dans le but d’enrichir l’expérience cinématographique nationale en matière de traitement des problématiques des droits de l’Homme».

Le comble de l’ironie est que cette grande manifestation a lieu dans une ville connue pour son public cinéphile, mais qui ne dispose plus d’aucune salle de cinéma. Les organisateurs sont obligés de projeter les films dans la grande salle de l’Hôtel de Ville. Mokhtar Ait Omar, président du Cinéclub de Kénitra, a annoncé qu’une dynamique de récupération de la mythique salle de cinéma «Palace» a été déclenchée en exprimant le souhait que ce lieu de mémoire rouvre ses portes un jour.

À la rescousse du cinéma Palace

«Ensemble pour sauver cinéma Palace». C'est le slogan adopté par le Cinéclub de Kénitra. Le cinéma Palace est la seule salle de la ville qui échappe pour le moment à la menace de démolition. Le choix de ce slogan intervient à un moment où les cinéphiles de la ville ont assisté, impuissants, à la démolition de la salle du cinéma Riad, après la disparition de la salle Fantasio remplacée par un immeuble, la transformation de la salle Tanagra en garage pour véhicules et le cinéma Atlas en surface commerciale. La salle du cinéma Ittihad connaitra inéluctablement le même sort tragique, puisqu'elle a été mise dernièrement en vente.