Organisé du 29 au 31 octobre, le 12e du Festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira a pris fin samedi. Cette édition a fait la part belle à une nouvelle génération d'artistes qui ont fait le choix de revisiter, à leur façon, le répertoire de la musique andalouse en s'attachant plus particulièrement à l'aspect judéo-musulman de cette musique.

La 12e édition du Festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira a pris fin samedi soir, avec en tête d'affiche pour cette soirée de clôture un happening avec sur la même scène les voix de Benjamin Bouzaglou, les frères Afriat et Jacob Tordjman pour un concert d'anthologie de la musique judéo-arabe. Chants liturgiques et morceaux des plus emblématiques et des plus populaires de ce répertoire enfoui dans le plus profond de l'imaginaire marocain et de toutes les nostalgies ont fait vibrer les mélomanes de la musique andalouse venus nombreux ce soir à la grande scène de la salle omnisports d'Essaouira.

Chanteur aux qualités vocales exceptionnelles, Benjamin Bouzaglou, originaire de Casablanca, est né dans une famille de mélomanes qui a su lui transmettre l'amour des musiques judéo-arabes et arabo-andalouses.

Il devient chef d'orchestre à l'âge de 12 ans et apprend le métier de cantor.

Son troisième passage à Essaouira dans le cadre du Festival des Andalousies atlantiques a ému les férus de la musique andalouse, qui ont été subjugués par sa voix envoûtante.

Natifs de la ville des Alizés, les frères Afriat, Joseph et Daniel, ont grandi parmi la musique et les arts.

Leur père, Moché Afriat, était à la tête de l'orchestre andalou d'Essaouira, véritable école et pépinière de tous les artistes andalous issus d'Essaouira. Jacob Tordjman est lui aussi né

à Essaouira.

Il devient vite l'ami des frères Afriat. Ils découvrent ensemble la musique, s'initient au chant et travaillent avec passion.

Depuis des années maintenant, Jacob unit sa voix à celles des frères Afriat et de quelques autres chanteurs juste pour l'amour de la musique arabo-andalouse.

C'est pour revisiter ce même registre et ce même patrimoine que Sanaa Marahati et Zainab Afailal ont retrouvé sur scène, en cette soirée de clôture du festival, tous leurs camarades dans un bouquet final haut en couleur et riche de toutes les sonorités de ce festival. Des retrouvailles qui feront date et qui seront gravées en lettres d'or dans les annales de ce festival.

Dans une déclaration à la MAP, Kaoutar Chakir, la secrétaire générale de l'Association Essaouira Mogador, organisatrice de cette manifestation culturelle, a relevé que la 12e édition du Festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira a été une réussite, que ce soit au niveau de la programmation artistique ou de la qualité des concerts ou de l'organisation qui était à 100% locale, un véritable défi.

Le public lui aussi était au rendez-vous puisqu'il a répondu présent et l'on compte plus de 10.000 spectateurs au total dans les concerts, a-t-elle ajouté.

Le programme concocté était riche et varié comportant des colloques, des concerts, des projections de films et une résidence artistique, entre autres, a-t-elle indiqué, relevant que ce festival fait figure d'exception puisque c'est le seul événement artistique qui accueille juifs et musulmans autour des valeurs de partage, de paix et de cohabitation.

Organisée du 29 au 31 octobre sous le signe de l'ouverture, la jeunesse et la créativité, la 12e édition du Festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira a consacré une large part à une nouvelle génération d'artistes qui ont fait le choix de revisiter, à leur façon, le répertoire de la musique andalouse en s'attachant plus particulièrement à l'aspect judéo-musulman de cette musique.