Plus mûr, plus engagé et plus éclectique, le Festival Gnaoua et musiques du monde d'Essaouira revient pour une nouvelle édition. Cette année, du 14 au 17 mai, il souffle sa dix-huitième bougie et célèbre son âge de raison. Le rendez-vous musical le plus attendu de l'année promet une belle édition placée sous le signe de la richesse et de la nouveauté.

Le Festival qui a changé le destin de toute une ville et de plein d’artistes gnaoua reçoit enfin une reconnaissance. Neila Tazi, productrice et directrice du Festival, déclare «Les 18 ans qui marquent le début d’une nouvelle ère. Celle de l’émancipation et du partenariat public-privé pour un projet qui, jusqu’à présent, n’avait jamais bénéficié de financement de la ville.» Marquant un nouveau départ, cette nouvelle n’est pas venue seule. Le Maroc vient de déposer officiellement la demande auprès de l’Unesco pour inscrire la culture gnaoua au patrimoine oral mondial et immatériel de l’humanité. Le processus devrait prendre deux ans.

Les organisateurs espèrent célébrer l’aboutissement de ce travail colossal pour les vingt ans du Festival.

Du côté de la programmation, le public aura droit à une sélection musicale diversifiée axée principalement sur les fusions pendant lesquelles les maâlems accueillent les musiciens du monde. Une place importante est donnée aux artistes marocains d’ailleurs : Hindi Zahra et Aziz Sahmaoui, et à la scène artistique urbaine : Mehdi Nassouli, Darga, Barry, Diapa Zone et Timbuuktu.

Le bal sera ouvert par mâalem Hamid El Kasri et l’artiste afghan Humayun Khan. Chaque jour, les fusions, marque de fabrique de l’évènement, seront au rendez-vous. Tony Allen du Nigéria répondra au mâalem Mohamed Kouyou. La fusion gnaoua-jazz fera danser les mélomanes avec la présence du saxophoniste américain Kenny Garret. Élève de Miles Davis, il est un des grands du jazz contemporain. Le voyage des sens se poursuit en Guadeloupe avec le spécialiste de la fusion reggae mâalem Omar Hayat et l’héritier de la culture Gwo Ka Sonny Troupé et au Danemark avec le groupe Mikkel NordsØ Band, auteur il y a vingt ans d’un album «Aicha» avec mâalem Mustapha Baqbou.

Autres retrouvailles très attendues, celles avec le groupe «Les ambassadeurs» composé d’artistes précurseurs de la musique moderne malienne moderne comme Selik Keita, Cheick Tidiane Seck et Amadou Bagayoko. Le forum du Festival, qui est devenu un volet important du programme, est consacré à «L’Afrique à venir», mais cette fois du point de vue des femmes. Économie, culture, société, politique… tous les aspects de la participation féminine dans la vie publique en Afrique seront abordés à cette occasion.