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À propos de la Ouezzane

Perchée sur les contreforts du pré-Rif, Ouezzane est une ville marocaine au riche héritage culturel. Bùtie en amphithéùtre...

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Actualités 26 Jun 2025 6 min de lecture

Ouezzane : Un peu de Toscane et beaucoup de Priego de Cordoba

Ouezzane : Un peu de Toscane et beaucoup de Priego de Cordoba

Oubliez le stress des villes polluĂ©es et les moyens de transport et partez Ă  pied pour dĂ©couvrir les mille et une facettes d’une petite citĂ© au charme indĂ©niable, gĂ©nĂ©reuse et accessible ?

Samir Berhil

Que vous venez de Rabat, FĂšs, MeknĂšs ou Tanger, forcĂ©ment, vous quitterez les autoroutes pour traverser les champs du Gharb ( greniers du royaume entre autres ) et arriver Ă  Ouazzane : la ville verte et blanche : Bienvenue en Toscane andalouse du Maroc : Ouezzane. L’odeur de l’huile d’olive chatouillera les narines dĂšs votre arrivĂ©e, surtout par la route d’ Arbaoua.

AprĂšs votre « voyage pĂšlerinage  » depuis Tanger, Casablanca ou de la plaine du SaĂŻss, un bon thĂ© Ă  la menthe Ouazzani vous fera beaucoup de bien. Ici, le goĂ»t du breuvage national est unique en raison de la qualitĂ© des sources d’eau de Ouazzane. Longtemps, considĂ©rĂ©e comme une position stratĂ©gique sur la route roumaine sur l’axe FĂšs – Sebta, avec Ă  l’époque une porte qui s’appelait « Bab FĂšs «, Ouazzane gagne Ă  ĂȘtre connue au mĂȘme titre que sa sƓur jumelle avoisinante « Chefchaouen », la citĂ© bleue. Nous vous expliquons le pourquoi.

Salim Kaidi, un « Ouazzani » pur jus de 35 ans, prĂ©sident de l’association la perle verte de Ouazzane, docteur en Ă©conomie, gestion et dĂ©veloppement durable, ancien laurĂ©at de l’institut supĂ©rieur international de tourisme de Tanger (ISITT) et fondateur d’un cabinet conseil et formation professionnelle dans le secteur touristique Ă  Rabat, nous accompagne dans notre « visite panoramique « de la ville de Ouazzane.

Dans cette immersion, M. lhoucine, propriĂ©taire d’un petit cafĂ© sur la place « Rouida » de la mĂ©dina de la ville, nous sert de « boussole populaire » pour parler de la vie Ă  l’intĂ©rieur de l’ancien quartier mĂ©rinide. Enfin, on l’appellera Driss, un agent d’autoritĂ© qui souhaite garder l’anonymat nous donne Ă©galement sa propre vision des projets de la ville.  L’association fondĂ©e par Salim Kaidi affiche un bilan honorable pour sa ville de cƓur : Ă  fin mai 2021, elle crĂ©e le concept « Love Ouazzane » inspirĂ© du modĂšle d’Amsterdam. Les couleurs choisies sont le blanc « comme l’ñme de la population de Ouazzane » et le vert couleur de la verdure oĂč baigne la ville (couleur aussi de son Ă©quipe favorite : Le Raja de Casablanca, qui le soutient symboliquement dans ses projets).

Un vaste programme post crise COVID-19 sera lancĂ© dans le cadre du chantier « Awrach «, pour l’unification de la couleur de la ville, avec Ă  la clĂ© la crĂ©ation de 120 emplois (120 familles de Ouazzane) et des CDD de 4 mois renouvelĂ© deux fois pour un budget d’environ 10 millions de DH pour la mise Ă  niveau de 8000 maisons recensĂ©es dans l’ancienne mĂ©dina. Malheureusement, selon notre interlocuteur, l’agent d’autoritĂ© Driss, l’ancien quartier en face de « Dar3aouiyine » a Ă©tĂ© exclu de ce programme de rĂ©habilitation pour des raisons de rivalitĂ©s politiques locales plus ou moins dĂ©clarĂ©es. Les prix de l’immobilier dans la mĂ©dina sont allĂ©chants. Moins de 1000 DH de loyer pour une maisonnette de 85 mĂštres carrĂ©s. Ici, la vie n’est pas chĂšre non plus. 5 DH pour un verre de thĂ© ou un cafĂ© aromatisĂ©. 

Potentiel

« MĂȘme si Ouezzane n’a jamais vraiment bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un budget consĂ©quent l pour la promotion de la destination, nous sommes en train de mettre en place une vraie politique promotionnelle et inclusive pour dĂ©velopper aussi bien le tourisme national qu’international, notamment via la crĂ©ation de circuits thĂ©matiques», indique Salim Kaidi qui cite le tourisme vert et Ă©cologique autour de la variĂ©tĂ© d’olives et de figues, le tourisme religieux autour des zaouias et saint de la ville : Moulay Abdellah Cherif et Dar Dmana pour les gens en quĂȘte de bĂ©nĂ©dictions, sans oublier la promotion de l’artisanat local dont l’article-phare est la jellaba ouazzania. Dans le me religieux, Kaidi veut capitaliser sur les festivitĂ©s de la hiloula de la communautĂ© juive marocaine (environ 7000 Ă  8000 pĂšlerins qui se recueillent chaque annĂ©e sur la tombe de leur saint Rabbi Amrane ben Diwane ). Se dĂ©roulant en vase clos, les retombĂ©es de ces Ă©vĂšnements ponctuels sont trĂšs limitĂ©es, la population locale n’en profitant qu’ Ă  une trĂšs petite Ă©chelle. Mais le potentiel touristique est trĂšs prometteur. D’oĂč le lancement d’un programme de formation du nom de Tamuri, financĂ© par l’Union europĂ©enne, au profit de 40 jeunes aux mĂ©tiers de l’accueil et de l’hospitalitĂ©. Il y a de l’enthousiasme dans l’air, Kaidi et ses amis sont confiants dans l’avenir touristique de leur ville mĂȘme si certains pointent l’absence d’une vĂ©ritable politique inclusive en direction de la jeunesse qui, il est vrai, languit dans le chĂŽmage et s’abandonne Ă  la consommation du cannabis.

Le tourisme offre la principale, sinon, la seule alternative pour lutter contre la prĂ©caritĂ© sociale et offrir un horizon aux sans emplois. Vaste programme qui nĂ©cessite une vision cohĂ©rente et des actions bien coordonnĂ©es pour placer Ouezzane sur la carte des destinations frĂ©quentĂ©es. Ceci passe d’abord par un travail sur l’identitĂ© de la ville, ce qui implique un certain nombre de questions : Quels atouts valoriser pour quelle offre et quel public? Comment impliquer la population locale pour obtenir son adhĂ©sion et faire en sorte que l’activitĂ© touristique profite Ă  tous? 

Transformer certaines demeures en maison d’hĂŽtes avec Rooftop pour profiter des levers et couchers de soleil apaisants et ouvrir trois ou quatre restaurants marocains avec des produits du terroir ouazzani pourrait servir de point de dĂ©part pour une expĂ©rience unique. Histoire de donner aux visiteurs potentiels un avant-goĂ»t de dĂ©couverte. Le touriste international peut ĂȘtre touchĂ© (surtout la clientĂšle de la MĂ©diterranĂ©e) en sensibilisant les associations d’Espagne, Italie, suisse, France ou Portugal, oĂč existe une forte population sensible au tourisme vert, culturel et spirituel. Oubliez le stress des villes polluĂ©es et les moyens de transport et partez Ă  pied pour dĂ©couvrir les mille et une facettes d’une petite citĂ© au charme indĂ©niable, gĂ©nĂ©reuse et accessible? Pourquoi traverser la MĂ©diterranĂ©e pour visiter Priego de CĂłrdoba et pousser jusqu’en Toscane italienne, alors que vous ĂȘtes Ă  moins de deux Ă  trois heures en voiture pour une plongĂ©e reposante dans une ville authentique et hospitaliĂšre.

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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