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Actualités 08 Dec 2025 5 min de lecture

Ferveur populaire et regards de femmes : le Festival du film de Marrakech 2025 électrise la ville

Ferveur populaire et regards de femmes : le Festival du film de Marrakech 2025 électrise la ville

DĂšs les premiĂšres heures de la 22e Ă©dition du Festival international du film de Marrakech, une Ă©vidence s’est imposĂ©e : cette annĂ©e encore, les festivaliers ont rĂ©pondu prĂ©sent, en masse, avec une ferveur rare. Les salles sont prises d’assaut et dans les files d’attente, on discute cinĂ©ma. On sent planer dans l’air cette Ă©nergie unique que seuls les grands rendez-vous du septiĂšme art savent provoquer. Marrakech a ainsi renouĂ© avec ce frisson collectif qui transporte les cinĂ©philes et fait vibrer les professionnels.

Nous sommes seulement Ă  mi-parcours, mais l’édition 2025 a dĂ©jĂ  offert des Ă©motions intenses. La sĂ©lection rassemble 82 films venus de 31 pays, dont 8 avant-premiĂšres mondiales ou internationales et 14 Ɠuvres en lice pour les Oscars. Une diversitĂ© narrative remarquable, allant des drames intimes aux films Ă  suspens, comme Dead Man’s, de Gus Van Sant, projetĂ© lors de la sĂ©ance d’inauguration du festival.

Des hommages sous le signe de la reconnaissance internationale

Trois soirĂ©es ont Ă©tĂ© consacrĂ©es Ă  cĂ©lĂ©brer des figures majeures du cinĂ©ma mondial qui se sont vu dĂ©cerner une Étoile d’Or pour l’ensemble de leur carriĂšre, des hommages appuyĂ©s Ă  chaque fois par une standing ovation. La lĂ©gende Ă©gyptienne Hussein Fahmi a ouvert le bal. Il a Ă©tĂ© suivi par Jodie Foster, icĂŽne hollywoodienne, puis par la grande dame du cinĂ©ma marocain, Raouya. Le 4 dĂ©cembre, ce sera au tour du maĂźtre de l’imaginaire, le Mexicain Guillermo del Toro. Quatre noms, quatre parcours, quatre visions cinĂ©matographiques complĂ©mentaires, qui donnent au festival une profondeur particuliĂšre.

Jodie Foster illumine le FIFM

L’un des grands moments de cette Ă©dition a Ă©tĂ© l’arrivĂ©e de Jodie Foster sur scĂšne. Le public a cĂ©lĂ©brĂ© Ă  la fois l’actrice oscarisĂ©e, la rĂ©alisatrice engagĂ©e et la femme rayonnante qui, depuis plus de 50 ans, parcourt le cinĂ©ma mondial avec une intelligence et une sensibilitĂ© rares. «Ma plus grande rĂ©ussite est d’ĂȘtre heureuse», a-t-elle dit en remerciant le public et les professionnels, dont Martin Scorsese, en duplex depuis les États-Unis. Lors de sa Conversation With, Jodie Foster est revenue sur son propre chemin dans cette industrie qu’elle a intĂ©grĂ©e enfant. Elle a confiĂ© :  «Quand j’ai commencĂ© Ă  travailler, le cinĂ©ma Ă©tait un univers d’hommes. C’était comme ça et ça semblait normal pour tout le monde. Je n’imaginais mĂȘme pas que les femmes puissent rĂ©aliser un film .C’est en grandissant que j’ai dĂ©couvert qu’il existait des rĂ©alisatrices en Europe. Ce sont elles qui m’ont fait comprendre que c’était possible». Une parole forte, qui a rĂ©sonnĂ© de maniĂšre spĂ©cifique cette annĂ©e, tant le regard fĂ©minin s’est imposĂ© au cƓur du Festival.

Un jury attentif, des débats animés, un palmarÚs qui en dit long

Depuis sa crĂ©ation, le Festival met un point d’honneur Ă  rĂ©vĂ©ler des talents Ă©mergents et Ă  donner de la visibilitĂ© aux voix nouvelles du cinĂ©ma mondial. Cette Ă©dition en a offert une dĂ©monstration Ă©clatante.

Au cƓur de cette effervescence, le jury, prĂ©sidĂ© par Bong Joon-ho, incarne l’esprit du Festival : audacieux, ouvert et profondĂ©ment international. Le cinĂ©aste sud-corĂ©en, maĂźtre absolu du rĂ©cit et de la mise en scĂšne, a suscitĂ© curiositĂ© et admiration Ă  chacune de ses apparitions.

Mais lui-mĂȘme n’a cessĂ© de rappeler que ce Festival n’est pas le sien : «Nous sommes ici pour dĂ©couvrir les autres, et rendre hommage Ă  ceux qui arrivent. Les jeunes rĂ©alisateurs sont l’avenir, et Marrakech le comprend mieux que beaucoup d’autres festivals.»

Les dĂ©bats sont vifs, passionnĂ©s, presque jubilatoires, tant les propositions cinĂ©matographiques sont diverses. 

Une présence féminine forte

Cette annĂ©e, les rĂ©alisatrices prĂ©sentes en compĂ©tition comme hors compĂ©tition font sensation. C’est d’ailleurs la Franco-Tunisienne Erige Sehiri qui a eu l’honneur d’ouvrir la compĂ©tition avec Promis le ciel, un film dĂ©licat, subtil et d’une grande humanitĂ© sur le quotidien des Subsahariens en Tunisie qui a Ă©tĂ© largement applaudi.

Vie privĂ©e de la Française Rebecca Zlotowski comptait parmi les films les plus attendus du festival, Ă  tel point qu’une longue file de festivaliers s’est retrouvĂ©e devant une porte fermĂ©e. Il faut dire que le casting Ă©tait allĂ©chant et le film a tenu toutes ses promesses. Jodie Foster, Daniel Auteuil, Virginie Efira et Mathieu Amalric ont conquis ceux qui ont pu dĂ©couvrir ce rĂ©cit oscillant entre drame et comĂ©die, autour des questionnements d’une psychiatre.

Dimanche, c’était au tour du trĂšs attendu Calle MĂĄlaga de Maryam Touzani d’ĂȘtre projetĂ©. DĂ©jĂ  largement reconnue et rĂ©compensĂ©e pour Adam et La Couleur du caftan, la rĂ©alisatrice marocaine signe une Ɠuvre bouleversante et lumineuse, oĂč elle poursuit sa rĂ©flexion sur les liens familiaux, la fragilitĂ© des ĂȘtres et les non-dits qui traversent les existences. Le film est portĂ© par la formidable actrice espagnole Carmen Maura et le tout aussi excellent Ahmed Boulane. Le public leur a rĂ©servĂ© une longue ovation, saluant la finesse de l’écriture et la puissance de la mise en scĂšne.

Des regards, des sensibilitĂ©s, des rĂ©cits de femmes qui, chacun Ă  leur maniĂšre, ont marquĂ© ces premiĂšres journĂ©es et tĂ©moignent d’une Ă©volution profonde du cinĂ©ma contemporain. Et l’on comprend mieux pourquoi Jodie Foster insistait, lors de son hommage, sur la nĂ©cessitĂ© de porter des voix fĂ©minines fortes : elles Ă©clairent le cinĂ©ma autrement
 et font avancer l’art.

Et au-delĂ  des salles obscures

Les premiers jours du FIFM 2025 ont Ă©tĂ© Ă  l’image de cette Ă©dition : vibrants, gĂ©nĂ©reux, profondĂ©ment humains. Entre les hommages, les rencontres, les masterclasses, les projections, et la prĂ©sence massive d’un public avide de dĂ©couverte, le Festival a dĂ©montrĂ© une fois encore sa capacitĂ© unique Ă  rassembler des cultures, des sensibilitĂ©s et des gĂ©nĂ©rations autour d’un mĂȘme amour : celui du cinĂ©ma.

Et si le regard des festivaliers s’est souvent tournĂ© vers les lĂ©gendes du septiĂšme art venues Ă  Marrakech, ce sont les nouveaux rĂ©cits, les jeunes voix, et particuliĂšrement les cinĂ©astes femmes, qui ont, cette annĂ©e, donnĂ© au Festival sa note la plus Ă©mouvante.

Il reste encore des jours pour vibrer, dĂ©couvrir, applaudir. Mais une chose est dĂ©jĂ  certaine : l’édition 2025 restera comme l’une des plus inspirantes de ces derniĂšres annĂ©es.

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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