Dans le dĂ©cor enchanteur de la ville des vents, entre ses remparts majestueux et ses ruelles chargĂ©es dâhistoire, le Festival propose une immersion rĂ©elle. Des lieux comme lâInstitut français, Dar Souiri, la Skala, ou encore le Bastion Borj Bab Marrakech se transforment en supports pour exposer des Ćuvres photographiques dâune rare puissance. Il nâest pas juste question de visualiser des «clichĂ©s», mais dâinteragir avec des rĂ©cits, des Ă©motions et des luttes capturĂ©es sur papier photo. Des conteurs dâimages «Vivants» dĂ©marre le dĂ©cembre par lâexpĂ©rience «Ralentir» dans laquelle Brahim Benkirane et Alexandre Chaplier invitent le public Ă prendre le temps. Leurs images Ă©voquent les routes oubliĂ©es du Maroc, ces chemins qui forcent Ă ralentir et Ă savourer les instants. Chaque dĂ©tour devient une opportunitĂ© de rencontres inattendues et dâhistoires imprĂ©vues.
Ă Dar Souiri, a lieu le vernissage de lâexposition «Waha» de lâartiste Seif Kousmate qui, Ă travers ses images, nous emmĂšne dans les oasis du Sud marocain, des lieux dont la fragilitĂ© se drape de rĂ©silience. Dans ses clichĂ©s sâincarnent les tensions entre un Ă©cosystĂšme en danger et les efforts dĂ©ployĂ©s pour prĂ©server ce patrimoine vital. «Waha» plonge dans le quotidien des habitants de ces rĂ©gions, dans leur combat quotidien pour coexister avec une nature qui se transforme.
Le voyage continue avec Anne-Lise Broyer et son Ćuvre «Est-ce lĂ que lâon habitait ?», oĂč elle invite le public Ă explorer une autre MĂ©diterranĂ©e que celle des cartes postales. Ses photographies ravivent une mĂ©moire collective encore blessĂ©e par son passĂ©. Elle pose un regard intime sur des paysages marquĂ©s par le dĂ©sastre, mais aussi par une reconstruction progressive.
Dans «Maroc ordinaire», Joseph Marando dĂ©voile des clichĂ©s qui documentent la vraie vie, celle des gens ordinaires et des quotidiens quâon oublie. Dans cette archive dâun Maroc des histoires oubliĂ©es, ce natif dâAgadir rappelle son attachement Ă son pays de naissance et son intĂ©rĂȘt pour sa jeunesse quâil a dĂ©jĂ abordĂ© dans un documentaire sur lâimmigration clandestine.
Et puis, il y a Reza, dont lâexposition «Deviens le Ciel» cĂ©lĂšbre la spiritualitĂ© sous toutes ses formes, unifiant les regards dans une quĂȘte commune de paix et de comprĂ©hension mutuelle, au-delĂ des clivages religieux et philosophiques. Des mots, il en faut ! Entre ces diffĂ©rentes stations photographiques, des moments dâĂ©change et de transmission viennent lier et donner sens. Une balade photographique avec le jeune talent local Zakaria Mtilk permet de dĂ©couvrir Essaouira sous un jour nouveau, tandis quâune conversation modĂ©rĂ©e par Nathalie Locatelli, directrice de la Galerie 127, ouvre un dialogue entre photographes et publics, sur la photographie comme outil de mĂ©moire. Sont Ă©galement prĂ©vus des ateliers Ă destination des Ă©tudiants en arts appliquĂ©s qui viennent complĂ©ter cette programmation et tĂ©moigner de lâengagement du festival envers la jeunesse et lâavenir de la photographie.
«Vivants» incarne la philosophie des Rendez-vous de la photo et leur ambition de faire dĂ©couvrir et dĂ©mocratiser lâart de la photographie, Ă travers la crĂ©ation dâespace dâĂ©change et de canaux de communications entre professionnels et praticiens en voie de professionnalisation. La prĂ©sente Ă©dition invite aussi Ă ralentir, Ă observer et Ă se reconnecter avec ses sens. Dans lâatmosphĂšre unique dâEssaouira, qui nâaimerait pas se munir dâun appareil photo et flĂąner dans les ruelles imprĂ©gnĂ©es dâhistoire, pour devenir photographe le temps dâune promenade ?
Actualités
04 Dec 2024
3 min de lecture
«Vivants» : Essaouira célÚbre la photo et le vivant
Cet article est repris sous forme dâextrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia dâorigine.
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