Dar Gueddari (en arabe : دار الكداري) est une ville marocaine située dans la province de Sidi Kacem, au sein de la région administrative de Rabat-Salé-Kénitra. Avec une population de 7 826 habitants selon les données de 2024, cette localité occupe une place particulière dans le paysage rural et urbain du Gharb, une zone historiquement reconnue pour son potentiel agricole et ses vastes plaines fertiles.
L'histoire de Dar Gueddari est intimement liée à l'évolution foncière et sociale de la région. À l'origine, le site était un petit village structuré autour de la famille El Gueddari. Le tissu social s'est progressivement densifié avec l'installation de la tribu arabe des Gueddadra, ainsi que de travailleurs agricoles venus de diverses régions du Maroc, notamment du Haouz, du Tadla, de Rhamna, du pays Jbella et du Chrarda.
Le développement de la localité a été marqué par une diversité de profils sociaux, incluant des familles travaillant sur les terres des Gueddari. Au fil du temps, la structure démographique a évolué, intégrant des familles aux origines géographiques variées, telles que les Barka, Farji, Haimed, Reddad, Cherradi, Tadlaoui, Hrizi, Belhaj, Jebli, Hlalia, ainsi que les familles Zdak (Bridjat) et Lahmine. Un tournant majeur dans l'histoire locale fut l'intervention du roi Mohammed V, qui a octroyé des terres agricoles de l'État à ces familles, lesquelles furent alors désignées sous le nom de « Mohammadiennes ».
Dar Gueddari s'inscrit dans la plaine du Gharb, une zone caractérisée par ses terres arables et son climat propice à l'agriculture. La ville sert de point de repère dans la province de Sidi Kacem, bénéficiant d'une position géographique qui facilite les échanges avec les centres urbains environnants de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Le paysage environnant est principalement composé de cultures céréalières et de terres agricoles qui constituent le socle économique traditionnel de la zone.
La vie à Dar Gueddari est le reflet d'un brassage culturel issu des migrations internes qui ont marqué le Maroc au XXe siècle. La cohabitation entre les familles autochtones et celles venues d'autres régions a créé une identité locale singulière. Aujourd'hui, la ville continue de se développer en tant que centre de services pour les populations rurales environnantes, tout en préservant la mémoire de son passé agricole et des familles qui ont contribué à sa sédentarisation. La structure urbaine actuelle témoigne de cette transition entre un habitat traditionnel lié aux grandes propriétés foncières et une organisation administrative moderne.