Moult faits et attraits ont, au fil du temps, façonnĂ© la renommĂ©e internationale de Casablanca. Arts, culture, dynamisme Ă©conomique et touristique⊠Autant de facettes qui ont contribuĂ© Ă forger lâimage dâune mĂ©tropole rayonnante.
Mais ces derniĂšres annĂ©es, la capitale Ă©conomique sâillustre Ă©galement sur un tout autre registre. A travers des recherches scientifiques dâenvergure consacrĂ©es aux origines les plus lointaines de lâhumanitĂ©, Casablanca sâimpose progressivement comme un haut lieu de la palĂ©ontologie et de lâarchĂ©ologie Ă lâĂ©chelle internationale.
Un fait rĂ©cent particuliĂšrement marquant tĂ©moigne de cet engouement. Depuis la mise en lumiĂšre, en janvier dernier, de nouveaux fossiles dâhominines datĂ©s dâenviron 773.000 ans, dĂ©couverts dans la carriĂšre Thomas I, la ville attire une attention croissante de la communautĂ© scientifique mondiale.
Les strates fossilifĂšres mises au jour ont livrĂ© un ensemble remarquable de vestiges, y compris trois mĂąchoires â dont celle dâun enfant ĂągĂ© dâun an et demi â, des vertĂšbres, des dents isolĂ©es ainsi quâun fĂ©mur. La morphologie et lâanciennetĂ© de ces restes suggĂšrent lâexistence dâune population africaine ancienne, susceptible dâoccuper une position charniĂšre dans lâĂ©volution humaine, entre les humains modernes, les NĂ©andertaliens et les Denisoviens.
PrĂ©sentĂ©s initialement dans un article publiĂ© dans la prestigieuse revue "Nature", ces rĂ©sultats ont suscitĂ© un large Ă©cho au sein de la communautĂ© scientifique internationale. Plusieurs publications de rĂ©fĂ©rence ont braquĂ© leurs projecteurs sur cette avancĂ©e, Ă lâinstar de "National Geographic", "Science", "Scientific American" ou encore "Discover Magazine", confirmant lâintĂ©rĂȘt grandissant pour les recherches menĂ©es Ă Casablanca.
Les médias spécialisés comme généralistes des quatre coins du monde poursuivent leur couverture de cette découverte majeure, contribuant à lui conférer une visibilité internationale et à la hisser parmi les avancées scientifiques les plus marquantes de ces derniÚres années.
Cet engouement sâinscrit dans la durĂ©e. Dans son Ă©dition de mars 2026, le magazine "Science & Vie" souligne que les fossiles exhumĂ©s Ă Casablanca apportent de nouveaux Ă©clairages sur lâancĂȘtre commun des diffĂ©rentes espĂšces humaines, confortant ainsi lâhypothĂšse dâun berceau africain de lâhumanitĂ©.
Au-delĂ de la dĂ©couverte elle-mĂȘme, câest lâintĂ©rĂȘt soutenu quâelle suscite qui marque un tournant. Casablanca attire dĂ©sormais lâattention dâĂ©quipes de recherche internationales et sâimpose dans les dĂ©bats scientifiques relatifs aux origines de lâHomme.
InterrogĂ© par la MAP, lâarchĂ©ologue et prĂ©historien Abderrahim Mohib explique que "les fossiles humains datĂ©s de 773.000 ans dĂ©couverts dans la grotte Ă HominidĂ©s de la carriĂšre Thomas I ont profondĂ©ment renouvelĂ© les connaissances palĂ©oanthropologiques relatives Ă lâorigine de notre lignĂ©e".
"Ils rĂ©vĂšlent lâexistence dâune population africaine proche de lâorigine dâHomo sapiens et relancent le dĂ©bat scientifique sur les racines de notre espĂšce, Ă un moment clĂ© de lâĂ©volution humaine", ajoute M. Mohib, co-directeur du programme maroco-français "PrĂ©histoire de Casablanca".
Selon lui, lâintĂ©rĂȘt croissant manifestĂ© par les grandes revues et plateformes scientifiques internationales tĂ©moigne de la rigueur des travaux menĂ©s dans le cadre de ce programme de recherche, lancĂ© en 1978. "Cet aboutissement nâest pas le fruit du hasard, mais celui dâune conviction partagĂ©e par les chercheurs selon laquelle les sites palĂ©olithiques de Casablanca sont en mesure dâapporter des Ă©lĂ©ments dĂ©terminants pour combler certaines lacunes dans lâhistoire de lâHumanitĂ©", souligne-t-il.
Le prĂ©historien met Ă©galement en avant lâattrait suscitĂ© par les formations cĂŽtiĂšres de Casablanca, qui offrent une sĂ©quence gĂ©ologique exceptionnelle sâĂ©tendant sur prĂšs de six millions dâannĂ©es. Cette richesse se traduit par la prĂ©sence de grottes, de taniĂšres de carnivores et de sites remarquablement prĂ©servĂ©s, faisant de la rĂ©gion un terrain dâĂ©tude privilĂ©giĂ© pour lâĂ©volution prĂ©coce des populations humaines et les origines de lâoccupation humaine au Maroc.
Autre élément déterminant, la méthode de datation utilisée. "Les fossiles ont été datés avec une grande précision à 773.000 ans, ce qui constitue une premiÚre pour un site paléolithique au Maroc", précise M. Mohib.
Dans cette dynamique, la poursuite des recherches apparaĂźt essentielle pour renforcer la place de Casablanca dans les rĂ©seaux mondiaux de la prĂ©histoire. Les investigations se concentrent notamment sur des sites majeurs tels que la grotte Ă HominidĂ©s, lâunitĂ© L de la carriĂšre Thomas I, la grotte des RhinocĂ©ros, Oulad Hamida 1 ou encore Sidi Abderrahmane-Cunette.
Lâobjectif est dâidentifier davantage de fossiles bien datĂ©s, couvrant une pĂ©riode clĂ© comprise entre environ un million dâannĂ©es et 315.000 ans, Ăąge du plus ancien reprĂ©sentant connu dâHomo sapiens. De telles avancĂ©es permettraient de consolider davantage lâhypothĂšse dâune origine africaine profonde de notre espĂšce.
A noter que Casablanca dispose dâun patrimoine archĂ©ologique dâune richesse exceptionnelle. La rĂ©gion abrite notamment la carriĂšre dâAhl al Oughlam (2,5 millions dâannĂ©es), le site L de la carriĂšre Thomas I (plus de 1,3 million dâannĂ©es), la grotte Ă HominidĂ©s et la grotte des RhinocĂ©ros (environ 800.000 ans), ainsi que le site de Sidi Abderrahmane (entre 500.000 et 300.000 ans). Elle mĂ©rite ainsi le titre du berceau des premiers peuplements humains au Maroc.
Le programme "PrĂ©histoire de Casablanca" est portĂ© par lâInstitut national des sciences de lâarchĂ©ologie et du patrimoine (INSAP), en partenariat avec plusieurs institutions françaises, dont le ministĂšre de lâEurope et des Affaires Ă©trangĂšres, le Laboratoire dâExcellence ArchimĂšde (UniversitĂ© Paul ValĂ©ry â Montpellier) et le MusĂ©um national dâHistoire naturelle de Paris.
Une nouvelle mission de recherche est prĂ©vue pour ce mois de mai dans le cadre de ce programme maroco-français. Car, une chose est sĂ»re, Casablanca nâa pas encore livrĂ© tous ses secrets !
Par Mohamed Aswab (MAP)
Mais ces derniĂšres annĂ©es, la capitale Ă©conomique sâillustre Ă©galement sur un tout autre registre. A travers des recherches scientifiques dâenvergure consacrĂ©es aux origines les plus lointaines de lâhumanitĂ©, Casablanca sâimpose progressivement comme un haut lieu de la palĂ©ontologie et de lâarchĂ©ologie Ă lâĂ©chelle internationale.
Un fait rĂ©cent particuliĂšrement marquant tĂ©moigne de cet engouement. Depuis la mise en lumiĂšre, en janvier dernier, de nouveaux fossiles dâhominines datĂ©s dâenviron 773.000 ans, dĂ©couverts dans la carriĂšre Thomas I, la ville attire une attention croissante de la communautĂ© scientifique mondiale.
Les strates fossilifĂšres mises au jour ont livrĂ© un ensemble remarquable de vestiges, y compris trois mĂąchoires â dont celle dâun enfant ĂągĂ© dâun an et demi â, des vertĂšbres, des dents isolĂ©es ainsi quâun fĂ©mur. La morphologie et lâanciennetĂ© de ces restes suggĂšrent lâexistence dâune population africaine ancienne, susceptible dâoccuper une position charniĂšre dans lâĂ©volution humaine, entre les humains modernes, les NĂ©andertaliens et les Denisoviens.
PrĂ©sentĂ©s initialement dans un article publiĂ© dans la prestigieuse revue "Nature", ces rĂ©sultats ont suscitĂ© un large Ă©cho au sein de la communautĂ© scientifique internationale. Plusieurs publications de rĂ©fĂ©rence ont braquĂ© leurs projecteurs sur cette avancĂ©e, Ă lâinstar de "National Geographic", "Science", "Scientific American" ou encore "Discover Magazine", confirmant lâintĂ©rĂȘt grandissant pour les recherches menĂ©es Ă Casablanca.
Les médias spécialisés comme généralistes des quatre coins du monde poursuivent leur couverture de cette découverte majeure, contribuant à lui conférer une visibilité internationale et à la hisser parmi les avancées scientifiques les plus marquantes de ces derniÚres années.
Cet engouement sâinscrit dans la durĂ©e. Dans son Ă©dition de mars 2026, le magazine "Science & Vie" souligne que les fossiles exhumĂ©s Ă Casablanca apportent de nouveaux Ă©clairages sur lâancĂȘtre commun des diffĂ©rentes espĂšces humaines, confortant ainsi lâhypothĂšse dâun berceau africain de lâhumanitĂ©.
Au-delĂ de la dĂ©couverte elle-mĂȘme, câest lâintĂ©rĂȘt soutenu quâelle suscite qui marque un tournant. Casablanca attire dĂ©sormais lâattention dâĂ©quipes de recherche internationales et sâimpose dans les dĂ©bats scientifiques relatifs aux origines de lâHomme.
InterrogĂ© par la MAP, lâarchĂ©ologue et prĂ©historien Abderrahim Mohib explique que "les fossiles humains datĂ©s de 773.000 ans dĂ©couverts dans la grotte Ă HominidĂ©s de la carriĂšre Thomas I ont profondĂ©ment renouvelĂ© les connaissances palĂ©oanthropologiques relatives Ă lâorigine de notre lignĂ©e".
"Ils rĂ©vĂšlent lâexistence dâune population africaine proche de lâorigine dâHomo sapiens et relancent le dĂ©bat scientifique sur les racines de notre espĂšce, Ă un moment clĂ© de lâĂ©volution humaine", ajoute M. Mohib, co-directeur du programme maroco-français "PrĂ©histoire de Casablanca".
Selon lui, lâintĂ©rĂȘt croissant manifestĂ© par les grandes revues et plateformes scientifiques internationales tĂ©moigne de la rigueur des travaux menĂ©s dans le cadre de ce programme de recherche, lancĂ© en 1978. "Cet aboutissement nâest pas le fruit du hasard, mais celui dâune conviction partagĂ©e par les chercheurs selon laquelle les sites palĂ©olithiques de Casablanca sont en mesure dâapporter des Ă©lĂ©ments dĂ©terminants pour combler certaines lacunes dans lâhistoire de lâHumanitĂ©", souligne-t-il.
Le prĂ©historien met Ă©galement en avant lâattrait suscitĂ© par les formations cĂŽtiĂšres de Casablanca, qui offrent une sĂ©quence gĂ©ologique exceptionnelle sâĂ©tendant sur prĂšs de six millions dâannĂ©es. Cette richesse se traduit par la prĂ©sence de grottes, de taniĂšres de carnivores et de sites remarquablement prĂ©servĂ©s, faisant de la rĂ©gion un terrain dâĂ©tude privilĂ©giĂ© pour lâĂ©volution prĂ©coce des populations humaines et les origines de lâoccupation humaine au Maroc.
Autre élément déterminant, la méthode de datation utilisée. "Les fossiles ont été datés avec une grande précision à 773.000 ans, ce qui constitue une premiÚre pour un site paléolithique au Maroc", précise M. Mohib.
Dans cette dynamique, la poursuite des recherches apparaĂźt essentielle pour renforcer la place de Casablanca dans les rĂ©seaux mondiaux de la prĂ©histoire. Les investigations se concentrent notamment sur des sites majeurs tels que la grotte Ă HominidĂ©s, lâunitĂ© L de la carriĂšre Thomas I, la grotte des RhinocĂ©ros, Oulad Hamida 1 ou encore Sidi Abderrahmane-Cunette.
Lâobjectif est dâidentifier davantage de fossiles bien datĂ©s, couvrant une pĂ©riode clĂ© comprise entre environ un million dâannĂ©es et 315.000 ans, Ăąge du plus ancien reprĂ©sentant connu dâHomo sapiens. De telles avancĂ©es permettraient de consolider davantage lâhypothĂšse dâune origine africaine profonde de notre espĂšce.
A noter que Casablanca dispose dâun patrimoine archĂ©ologique dâune richesse exceptionnelle. La rĂ©gion abrite notamment la carriĂšre dâAhl al Oughlam (2,5 millions dâannĂ©es), le site L de la carriĂšre Thomas I (plus de 1,3 million dâannĂ©es), la grotte Ă HominidĂ©s et la grotte des RhinocĂ©ros (environ 800.000 ans), ainsi que le site de Sidi Abderrahmane (entre 500.000 et 300.000 ans). Elle mĂ©rite ainsi le titre du berceau des premiers peuplements humains au Maroc.
Le programme "PrĂ©histoire de Casablanca" est portĂ© par lâInstitut national des sciences de lâarchĂ©ologie et du patrimoine (INSAP), en partenariat avec plusieurs institutions françaises, dont le ministĂšre de lâEurope et des Affaires Ă©trangĂšres, le Laboratoire dâExcellence ArchimĂšde (UniversitĂ© Paul ValĂ©ry â Montpellier) et le MusĂ©um national dâHistoire naturelle de Paris.
Une nouvelle mission de recherche est prĂ©vue pour ce mois de mai dans le cadre de ce programme maroco-français. Car, une chose est sĂ»re, Casablanca nâa pas encore livrĂ© tous ses secrets !
Par Mohamed Aswab (MAP)
