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Actualités 13 Feb 2026 5 min de lecture

Diversity Visa 2026. Pourquoi les entretiens tardent-ils Ă  Casablanca ?

Diversity Visa 2026. Pourquoi les entretiens tardent-ils Ă  Casablanca ?
Diversity Visa 2026. Pourquoi les entretiens tardent-ils Ă  Casablanca ?
Ils sont 3.670 Marocains sĂ©lectionnĂ©s dans le cadre du programme amĂ©ricain Diversity Visa 2026 (DV2026). Pour beaucoup, cette sĂ©lection dĂ©passe largement le simple statut de «gagnant» d’un tirage au sort administratif. Elle reprĂ©sente un projet migratoire mĂ»rement rĂ©flĂ©chi, une mobilitĂ© professionnelle prĂ©parĂ©e de longue date, parfois une stratĂ©gie familiale construite sur plusieurs annĂ©es. Pourtant, Ă  mesure que les mois avancent, l’optimisme initial laisse place Ă  une inquiĂ©tude grandissante : la programmation des entretiens au consulat des Etats-Unis Ă  Casablanca semble marquer un net ralentissement.
Selon plusieurs laurĂ©ats, sur les 3 670 dossiers marocains concernĂ©s, seuls 507 candidats auraient reçu une convocation Ă  entretien et Ă  peine une vingtaine auraient effectivement Ă©tĂ© reçus Ă  ce jour. Des chiffres qui, s’ils restent Ă  confirmer officiellement, apparaissent particuliĂšrement faibles au regard du calendrier amĂ©ricain. Le programme DV fonctionne en effet sur une annĂ©e fiscale stricte, qui court du 1er octobre 2025 au 30 septembre 2026. PassĂ©e cette date, aucun visa ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ©, mĂȘme si le dossier est complet.
 
Une comparaison internationale qui alimente le malaise
 
Le malaise s’intensifie lorsqu’une comparaison est faite avec d’autres pays. Un candidat basĂ© Ă  Casablanca affirme que des volumes bien plus importants d’entretiens auraient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en AlgĂ©rie et en Egypte, Ă©voquant respectivement 17.000 et 22.000 entretiens. Ces chiffres ne sont pas accompagnĂ©s de donnĂ©es dĂ©taillĂ©es permettant de distinguer les catĂ©gories de visas ou les annĂ©es fiscales concernĂ©es. NĂ©anmoins, ils traduisent un ressenti partagĂ© : celui d’un dĂ©calage de rythme entre le Maroc et d’autres postes consulaires.

L’absence de transparence publique sur les volumes exacts programmĂ©s par pays laisse place aux interrogations. Ce manque de visibilitĂ© nourrit un sentiment d’incomprĂ©hension chez les candidats marocains, d’autant que nombre de dossiers ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s «Documentarily Qualified» par le Kentucky Consular Center (KCC). Autrement dit, du point de vue administratif central, ces candidatures sont prĂȘtes Ă  ĂȘtre convoquĂ©es dĂšs lors que leur numĂ©ro devient «current» dans le Visa Bulletin.
 
Des suspensions successives et un calendrier incertain
 
La situation est jugĂ©e d’autant plus prĂ©occupante que plusieurs laurĂ©ats Ă©voquent une suspension des rendez-vous durant les mois d’octobre, novembre et dĂ©cembre, suivie d’une nouvelle interruption en fĂ©vrier. Des craintes Ă©mergent dĂ©sormais quant Ă  une possible extension de ce ralentissement au mois de mars.

Pour les candidats, chaque mois sans programmation rĂ©duit mĂ©caniquement la capacitĂ© future du consulat Ă  absorber l’ensemble des dossiers avant l’échĂ©ance du 30 septembre. Plus l’annĂ©e fiscale avance, plus la marge de rattrapage se rĂ©duit. Le risque n’est pas thĂ©orique : il est structurel. Un engorgement en fin d’exercice pourrait entraĂźner la perte dĂ©finitive de l’opportunitĂ©, indĂ©pendamment du respect des conditions lĂ©gales par les candidats.
 
Entre silence administratif et pression psychologique
 
Plusieurs laurĂ©ats affirment avoir contactĂ© les services consulaires afin d’obtenir des clarifications. Courriels, demandes d’explication, requĂȘtes d’information : selon eux, les rĂ©ponses se font rares ou restent gĂ©nĂ©rales, sans calendrier prĂ©cis. Ce dĂ©ficit de communication accroĂźt la pression psychologique. Certains candidats disent avoir suspendu des engagements professionnels, repoussĂ© des dĂ©cisions personnelles ou engagĂ© des dĂ©marches prĂ©paratoires en anticipation de leur dĂ©part.

Il convient toutefois de rappeler que la programmation consulaire ne dĂ©pend pas d’un seul facteur. Elle repose sur un ensemble de paramĂštres : capacitĂ© en personnel, prioritĂ©s internes, gestion des autres catĂ©gories de visas (tourisme, Ă©tudes, regroupement familial, immigration professionnelle), contraintes logistiques et sĂ©curitaires. Un ralentissement peut rĂ©sulter d’arbitrages administratifs internes, dont les critĂšres ne sont pas toujours rendus publics.
 
Un mĂ©canisme global, une mise en Ɠuvre locale : la tension structurelle du programme DV
 
Le cas marocain met en lumiÚre une tension inhérente au programme Diversity Visa. Conçu comme un dispositif mondial, le DV repose sur des quotas régionaux ; une sélection centralisée par le Kentucky Consular Center et une procédure juridiquement uniforme.

Cependant, son exĂ©cution est dĂ©centralisĂ©e. Chaque consulat gĂšre son propre volume d’entretiens en fonction de ses capacitĂ©s et prioritĂ©s. Ainsi, un programme global dĂ©pend de ressources locales inĂ©gales. Cette dĂ©centralisation peut produire des disparitĂ©s de rythme entre pays, sans que le cadre normatif ne soit formellement modifiĂ©.
 
Le facteur temps : une contrainte absolue
 
Contrairement Ă  d’autres catĂ©gories de visas, le programme DV ne permet aucun report. Aucun mĂ©canisme de prolongation n’existe au-delĂ  du 30 septembre. Ce caractĂšre rigide transforme le temps en variable dĂ©terminante.

Un ralentissement local peut avoir des consĂ©quences systĂ©miques (perte dĂ©finitive d’opportunitĂ© pour des candidats Ă©ligibles ; inĂ©galitĂ© de fait entre pays participants et transformation d’un retard administratif en obstacle substantiel). Le paradoxe est manifeste : un dispositif destinĂ© Ă  diversifier l’immigration amĂ©ricaine peut, dans sa mise en Ɠuvre opĂ©rationnelle, produire des disparitĂ©s gĂ©ographiques significatives.
 
Des précédents internationaux révélateurs
 
Des situations comparables ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© observĂ©es ailleurs, notamment en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud. Des retards consulaires ont conduit, certaines annĂ©es, Ă  l’épuisement des quotas sans que l’ensemble des dossiers « prĂȘts » n’ait Ă©tĂ© traitĂ©. Dans d’autres cas, des contentieux ont Ă©tĂ© engagĂ©s devant des tribunaux fĂ©dĂ©raux amĂ©ricains pour contester des retards jugĂ©s excessifs.
Ces prĂ©cĂ©dents montrent que la temporalitĂ© administrative peut devenir un enjeu juridique, particuliĂšrement lorsque l’inaction entraĂźne une perte irrĂ©versible.
 
Une revendication d’équitĂ© plutĂŽt qu’un traitement prĂ©fĂ©rentiel
 
Dans ce contexte, les laurĂ©ats marocains affirment ne pas rĂ©clamer un privilĂšge particulier. Leur demande se veut plus simple : une programmation rĂ©guliĂšre, transparente et proportionnĂ©e, conforme au principe d’égalitĂ© procĂ©durale entre les diffĂ©rents pays participants.
Car au-delĂ  des statistiques et des comparaisons, la rĂ©alitĂ© demeure : pour ces 3 670 candidats, chaque semaine sans convocation n’est pas un simple dĂ©lai administratif. C’est un compte Ă  rebours.

Hassan Bentaleb

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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