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Casablanca, mĂ©tropole dynamique de la rĂ©gion Casablanca-Settat, est le cƓur Ă©conomique du Maroc. Avec plus de 3 millions d'habitants, cette prĂ©fecture urbaine allie hĂ©ritage architectural...

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Actualités 10 Sep 2025 9 min de lecture

​RĂ©tro-Verso : Quand Mohammed III propulsa Casablanca vers la grandeur

​RĂ©tro-Verso : Quand Mohammed III propulsa Casablanca vers la grandeur
Il fut un temps oĂč Casablanca n’était qu’un port dĂ©laissĂ©, mais le Sultan Mohammed III en fit au XVIIIĂšme siĂšcle le foyer maritime du pays. Retour sur une Ă©poque oĂč la configuration actuelle de Casablanca n'Ă©tait qu'un simple rĂȘve...
​RĂ©tro-Verso : Quand Mohammed III propulsa Casablanca vers la grandeur
Mohammed ben Abdallah accĂ©da au TrĂŽne du Maroc en 1757, succĂ©dant Ă  son pĂšre, Moulay Abdallah. DĂšs son accession, il se donna pour mission de reprendre lĂ  oĂč son pĂšre avait laissĂ© inachevĂ©es certaines entreprises, et plus particuliĂšrement de redonner vie Ă  Anfa, que le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 avait profondĂ©ment endommagĂ©e. La ville, qui avait dĂ©jĂ  souffert de la destruction portugaise au XVIĂšme siĂšcle, se trouvait dans un Ă©tat de quasi-abandon. "Casablanca Ă©tait Ă  l’époque un lieu endormi, en attente d’un souffle capable de la transformer en vĂ©ritable port de commerce", nous apprend Rachid Andaloussi, militant pour la sauvegarde du patrimoine de la ville, soulignant ainsi le contexte dans lequel Mohammed III intervint.

Le Sultan entreprit la reconstruction de la mĂ©gapole en mobilisant artisans et ingĂ©nieurs, certains venus d’Espagne et d’Italie, afin de restaurer les fortifications, de bĂątir des entrepĂŽts et de relever la mosquĂ©e principale. Il rebaptisa la citĂ© Dar al-Bayda pour "reflĂ©ter non seulement la blancheur des bĂątiments mais aussi l’espoir d’une nouvelle Ăšre pour la CitĂ©", continue le fin connaisseur de l'Histoire de la ville.

Toujours selon ses propos, "cette action ne se limitait pas Ă  l’urbanisme mais traduisait la volontĂ© d’inscrire Casablanca au cƓur du commerce international, en concurrence avec Mogador et d’autres ports atlantiques." Mohammed III comprenait, de ce fait, que le contrĂŽle du littoral atlantique et la modernisation du port constituaient la clĂ© de la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique et de l’affirmation de l’autoritĂ© royale.

La politique de Mohammed III se dĂ©ploya Ă©galement sur le plan diplomatique, surtout si l'on sait qu'il devint en 1777 le premier Souverain Ă  reconnaĂźtre officiellement l’IndĂ©pendance des États-Unis, ouvrant ainsi une nouvelle Ăšre pour les relations commerciales et diplomatiques du Maroc.

"La reconnaissance amĂ©ricaine par Mohammed III ne fut pas un simple geste symbolique, mais une dĂ©cision stratĂ©gique plaçant le Maroc dans le concert des nations modernes," notait l’intellectuel Ralph Manheim. Cette ouverture renforça le prestige du Maroc et permit Ă  Casablanca de devenir une plaque tournante des Ă©changes internationaux, accueillant marchands et navires venus d’Europe pour commercer en sucre, thĂ©, laine ou produits manufacturĂ©s.

Ainsi, Mohammed III transforma Casablanca en un vĂ©ritable port capable de rivaliser avec les centres europĂ©ens. Il fit Ă©difier des quais adaptĂ©s aux navires de commerce, dĂ©veloppa les infrastructures et encouragea les relations avec les nĂ©gociants Ă©trangers. Le professeur Jean-François Legrain affirmait : "La vision de Mohammed III pour Casablanca dĂ©montrait une comprĂ©hension exceptionnelle des enjeux Ă©conomiques et maritimes de son Ă©poque. Il voyait dans la CitĂ© un pivot pour l’intĂ©gration du Maroc dans le commerce global". Ces initiatives Ă©conomiques furent Ă©troitement liĂ©es Ă  la politique interne : en consolidant le port et les routes commerciales, le Sultan renforçait Ă©galement son contrĂŽle sur les rĂ©gions pĂ©riphĂ©riques, garantissant ainsi l’unitĂ© du pays.

L’impact de ces mesures se fit sentir bien au-delĂ  du XVIIIĂšme siĂšcle. Casablanca, grĂące aux fondations posĂ©es par ce grand Ă©dificateur, devint progressivement un centre Ă©conomique majeur, un carrefour de cultures et de savoirs. "Il ne s’agissait pas seulement de construire des murs et des quais, mais de crĂ©er une ville capable de dialoguer avec le monde," expliquait l’intellectuel amĂ©ricain Marshall Hodgson, spĂ©cialisĂ© dans l’histoire du Maghreb. Cette vision contribua Ă  façonner la mĂ©tropole que Casablanca deviendra sous le protectorat français et aprĂšs l’indĂ©pendance, en prĂ©servant la vocation maritime et commerciale initiĂ©e par le Sultan.

Somme toute, l’action de Mohammed III sur la ville de tous les dĂ©fis incarne un Ă©quilibre entre continuitĂ© et innovation. Il reprit les efforts de son pĂšre pour redresser la ville et les porta Ă  un niveau supĂ©rieur, crĂ©ant un espace urbain, Ă©conomique et diplomatique qui allait durer des siĂšcles. Sa capacitĂ© Ă  combiner autoritĂ©, vision Ă©conomique et diplomatie internationale fit de lui le Souverain prĂ©curseur. Aujourd’hui, lorsque l’on parcourt les boulevards animĂ©s de Casablanca ou que l’on observe son port moderne, il est possible de percevoir l’empreinte durable de ce Sultan visionnaire.

Bio express : Le Sultan qui fit fleurir Casablanca
​RĂ©tro-Verso : Quand Mohammed III propulsa Casablanca vers la grandeur
Moulay Mohammed ben Abdallah naquit en 1710 et devint Sultan en 1757. Son rĂšgne, qui s’étendit sur plus de trois dĂ©cennies, demeura l’un des plus marquants. HĂ©ritier d’un Royaume fragilisĂ© par des rivalitĂ©s internes et par les convoitises Ă©trangĂšres, il s’efforça de restaurer l’autoritĂ© du pouvoir central tout en ouvrant son pays aux Ă©changes avec le reste du monde.

Sous son gouvernement, le Maroc connut une pĂ©riode de stabilitĂ© relative. Le Sultan affermit son autoritĂ© sur des provinces longtemps agitĂ©es et pacifia des rĂ©gions qui, jusque-lĂ , Ă©chappaient Ă  l’emprise de l’État. Sa politique se distingua par une volontĂ© de modernisation et d’ouverture. Il encouragea le commerce maritime et multiplia les relations diplomatiques avec les puissances europĂ©ennes, telles que la France, l’Espagne ou l’Angleterre. Dans un geste visionnaire, il reconnut en 1777 l’indĂ©pendance des États-Unis, faisant du Maroc le premier pays au monde Ă  accorder cette reconnaissance au jeune État. Cette dĂ©cision plaça le pays au cƓur des dynamiques internationales de son Ă©poque et renforça son image de puissance souveraine, respectĂ©e des nations Ă©trangĂšres.

Mohammed III s’intĂ©ressa Ă©galement au dĂ©veloppement des infrastructures portuaires. Convaincu que l’avenir du Maroc rĂ©sidait dans le commerce et l’ouverture sur l’ocĂ©an, il fit bĂątir une flotte et rĂ©organisa les Ă©changes maritimes. Parmi ses initiatives les plus marquantes figurait la renaissance d’une citĂ© cĂŽtiĂšre tombĂ©e dans l’oubli depuis sa destruction par les Portugais au XVIĂšme siĂšcle : Anfa. Le Sultan entreprit sa reconstruction et lui donna le nom de Casablanca. Il fit Ă©lever des murailles, des fortifications, une mosquĂ©e et des entrepĂŽts destinĂ©s aux marchands. Ce port, qu’Il voulait prospĂšre et ouvert sur l’Atlantique, devint peu Ă  peu un carrefour essentiel entre le Maroc et l’Europe.

AprĂšs sa disparition en 1790, Mohammed III laissa de Lui l’image d’un Souverain visionnaire, soucieux de l’unitĂ© et du rayonnement de son Royaume. Par son Ɠuvre, Il avait consolidĂ© les bases d’un État respectĂ© et avait offert Ă  Casablanca l’élan qui devait en faire, bien plus tard, la capitale Ă©conomique du pays.

Ainsi, son rĂšgne illustra la rencontre entre tradition et modernitĂ© : en prĂ©servant l’autoritĂ© dynastique tout en ouvrant de nouvelles perspectives diplomatiques et commerciales, Mohammed III fit entrer le Maroc dans une Ăšre de dialogue avec le monde, posant des fondations qui continuĂšrent d’influencer l’histoire du Royaume bien aprĂšs sa disparition.
 

Rétrospective : Une vision claire et résiliente
Bien avant de devenir le port moderne et animĂ© voulu par Mohammed ben Abdallah, Casablanca, que l’on appelait alors Anfa, n’était plus qu’une bourgade Ă  demi effacĂ©e de la mĂ©moire des hommes. Cette citĂ©, jadis prospĂšre durant le Moyen Âge, avait connu son apogĂ©e grĂące Ă  sa position sur la cĂŽte atlantique. Ses habitants, marins et commerçants audacieux, tissaient des liens avec l’Andalousie et les grandes routes maritimes du sud de l’Europe. Toutefois, la richesse d’Anfa suscita jalousies et convoitises. Les Portugais, soucieux de contrĂŽler les rivages marocains, finirent par s’en emparer et, au XVIĂšme siĂšcle, dĂ©truisirent presque entiĂšrement la ville pour la rĂ©duire au silence.

À partir de cette date, Anfa ne fut plus qu’un amas de ruines balayĂ©es par les vents marins. Ses murailles effondrĂ©es se mĂȘlaient aux dunes, et les habitations abandonnĂ©es ne laissaient entrevoir que des pans de pierres rongĂ©es par le sel et le temps. Les rares familles qui y restaient vivaient d’une pĂȘche modeste ou de maigres Ă©changes avec l’arriĂšre-pays. L’ancien port, autrefois animĂ© par le va-et-vient des navires, n’était plus qu’un rivage incertain, oĂč les embarcations de fortune s’échouaient au grĂ© des marĂ©es. Les chroniqueurs qui Ă©voquaient Anfa Ă  cette Ă©poque insistaient sur son dĂ©clin : la citĂ© autrefois renommĂ©e pour sa vitalitĂ© n’était plus qu’un village perdu, sans Ă©clat ni importance dans les affaires du Royaume.
Cette dĂ©solation contribua Ă  l’oubli du site. Les voyageurs qui longeaient la cĂŽte l’apercevaient Ă  peine, et les Souverains successifs, prĂ©occupĂ©s par d’autres prioritĂ©s, n’accordaient guĂšre d’attention Ă  ces vestiges. Les habitants de la rĂ©gion s’étaient tournĂ©s vers d’autres centres urbains plus dynamiques, tels que Rabat ou Safi, laissant Anfa Ă  son sommeil. Pendant plus de deux siĂšcles, le lieu conserva l’image d’une citĂ© morte, dont seuls les rĂ©cits anciens rappelaient la splendeur passĂ©e.

Ce dĂ©cor de ruines et de silence constituait donc l’hĂ©ritage que dĂ©couvrit Mohammed III lorsqu’Il dĂ©cida de redonner vie Ă  cet espace stratĂ©gique.

Flashback : Des rĂȘves tus aux aurores inattendues
​RĂ©tro-Verso : Quand Mohammed III propulsa Casablanca vers la grandeur

En 1790, Casablanca n’était encore qu’un port renaissant, ceint de murailles et animĂ© par quelques activitĂ©s commerciales. Son Ă©lan, pourtant, ne s’arrĂȘta pas avec la disparition du Sultan. La ville poursuivit son essor au fil du XIXĂšme siĂšcle, attirant marchands et navigateurs grĂące Ă  sa position privilĂ©giĂ©e sur l’Atlantique. Les quais demeuraient modestes, souvent vulnĂ©rables aux tempĂȘtes, mais l’importance croissante du commerce international donnait Ă  Casablanca une place que les siĂšcles d’abandon lui avaient refusĂ©e.
 

Peu Ă  peu, la citĂ© sortit de son isolement. Les caravanes qui descendaient des plaines du Haouz et du Tadla y trouvaient un dĂ©bouchĂ© maritime, tandis que les nĂ©gociants europĂ©ens multipliaient leurs escales. À mesure que les Ă©changes s’intensifiaient, Casablanca commença Ă  se transformer en un centre oĂč se mĂȘlaient cultures et intĂ©rĂȘts, suscitant l’attention des puissances Ă©trangĂšres. Cette ouverture annonçait dĂ©jĂ  les mutations plus profondes du XXĂšme siĂšcle.

 
Avec l’établissement du protectorat français en 1912, Casablanca entra dans une Ăšre nouvelle. Les ingĂ©nieurs et urbanistes y tracĂšrent de larges artĂšres, amĂ©nagĂšrent un port moderne et Ă©difiĂšrent des quartiers entiers qui changĂšrent dĂ©finitivement le visage de la ville. D’un bourg fortifiĂ©, elle devint une mĂ©tropole coloniale, vitrine Ă©conomique et symbole de modernitĂ©. Les populations rurales affluĂšrent, attirĂ©es par les promesses de travail, et la citĂ© se mĂ©tamorphosa en un creuset humain oĂč se cĂŽtoyaient traditions marocaines et influences europĂ©ennes.
 

AprĂšs l’indĂ©pendance du Maroc en 1956, Casablanca confirma son rĂŽle de capitale Ă©conomique. Les grandes entreprises, les banques et les industries s’y installĂšrent, accentuant son dynamisme. La ville s’étendit rapidement, parfois de maniĂšre dĂ©sordonnĂ©e, sous la pression d’une dĂ©mographie en constante croissance. Elle accueillit les espoirs et les rĂȘves de milliers de familles venues de toutes les rĂ©gions du Maroc en mouvement.


Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complĂšte est publiĂ©e par le mĂ©dia d’origine.

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