Dans une salle archicomble, le maestro Abdelwahab Doukkali ouvre le bal avec sa chanson, gagnante du Grand Prix du Festival du Caire, «Souk Al Bacharie». L'assistance Ă©tait lĂ pour donner le ton en chantant en chĹ“ur ses paroles de rĂ©volte contre la guerre, la faim, la souffrance, l'esclavage, tout en faisant appel aux valeurs de l'humanitĂ© et de la dignitĂ©. Devant ce mĂŞme public ravi et enthousiasmĂ©, le doyen de la musique marocaine surprend son public avec de nouvelles compositions, notamment celle faisant suite Ă son immortelle «Marsoul Al Houb» qu'il a intitulĂ©e «Mirsal Al Houb», en rĂ©fĂ©rence Ă l'appellation en Orient. Dans une ambiance des plus festives, Al-Moussiqar Doukkali enchaine ses autres succès, dont «Agharou Alaika», «Mana Illa Bachar» et «Kan ya ma Kan», toujours sous les acclamations de ses fans. Il y avait de la magie qui rĂ©gnait dans la salle du théâtre. Tout le monde Ă©tait lĂ , acclamant son idole et assoiffĂ© de bonne musique et de paroles profondes, qui se font rares par les temps qui courent. C'est le cachet d'Abdelwahab Doukkali. Ce mĂŞme Doukkali qui a accueilli son collègue Lotfi Bouchnak avec beaucoup de respect et de chaleur. Un signe rare de grandeur et d'honneur. Car un vrai artiste reconnait la valeur et sait oĂą elle se trouve. «Lotfi Bouchnak est un grand artiste qui a beaucoup donnĂ© Ă la chanson arabe. Il a une mĂ©moire incroyable et arrive Ă apprendre des recueils de poĂ©sie. Il connait mĂŞme des chansons Ă moi que j'ai complètement oubliĂ©es», souligne Doukkali lors de sa confĂ©rence de presse. En effet, ce soir-lĂ , Lotfi nous le dĂ©montre, avec sa voix puissante, en interprĂ©tant, toujours avec fougue, les chansons de son immortel rĂ©pertoire oĂą le tarab classique cĂ´toie le chant moderne. Ce symbole de la chanson tunisienne n'a pas manquĂ©, lui non plus, d'envoĂ»ter le public et de l'entrainer dans sa saga de paroles qui dĂ©notent son engagement et sa fiertĂ© d'appartenir au monde arabe. «On peut tout te soutirer sauf ta culture. Nous devons la sauvegarder de notre mieux. Avec la chanson, on peut chanter notre engagement, notre position et notre identitĂ©. Et puis, l'artiste est tĂ©moin de son Ă©poque et doit Ă©voluer avec le temps et les Ă©vĂ©nements. Il doit rester Ă©veillĂ©, transparent et intègre». C'est ce qu'essaye de transmettre l'artiste Bouchnak dans ses chansons. On a, ainsi, eu droit Ă des Mouachah, puis Ă ses Ă©ternelles «Ya Samra», «Ana Habbit wa Thabbit», «Khillati», «Ana Al Arabi», «Lamouni li Gharou minni»… Une soirĂ©e magique qui restera gravĂ©e dans la mĂ©moire de tous ceux qui y ont assistĂ©.
Actualités 02 Jun 2013 3 min de lecture
Doukkali et Bouchnak, des stars unies l’espace d’une soirée
Le public du Théâtre national Mohammed V a vécu, samedi dernier, une mémorable soirée avec deux grandes stars de la chanson arabe, Abdelwahab Doukkali et Lotfi Bouchnak.

