Nous sommes Ă Rabat. Tous les deux, Abderrahmane et Othmane, âgĂ©s respectivement de vingt-deux et vingt-quatre ans, rentrent Ă la prĂ©fecture de police. Ils se rendent directement au service de la police judiciaire pour dĂ©poser une plainte. Portant leurs sacs Ă dos, les deux amis commencent Ă raconter leur histoire d’agression Ă l’officier qui se charge de rĂ©diger la plainte. Les deux amis, qui pratiquent les arts martiaux, affirment qu’ils venaient de quitter la salle de sport situĂ©e au quartier El Youssoufia oĂą ils pratiquent le karatĂ© et d’emprunter boulevard Kandafa quand trois jeunes hommes, armĂ©s de couteaux, leur ont barrĂ© le chemin et leur ont ordonnĂ© de leur remettre les tĂ©lĂ©phones portables et l’argent qu’ils portaient sur eux. Effectivement, l’un du trio, prĂ©nommĂ© El Aouni, qui Ă©tait armĂ© d’un sabre, est arrivĂ© Ă arracher un smartphone Ă Othmane. Les deux amis, plaignants, affirment Ă l’officier que les trois malfrats ont pris la fuite après avoir commis leur forfait.
Une fois la plainte rĂ©digĂ©e, une enquĂŞte est diligentĂ©e par les Ă©lĂ©ments de la brigade criminelle. Entre-temps, une information faisant Ă©tat qu’un jeune homme gravement blessĂ© et en rĂ©animation Ă l’hĂ´pital Ibn Sina vient d’ĂŞtre reçue par la police prĂ©fectorale. Seulement, le jeune rend l’âme juste au moment de l’arrivĂ©e des limiers qui remarquent que ses signalements ressemblent Ă ceux qui sont Ă©voquĂ©s par les deux victimes d’agression. Serait-ce l’un du trio qui les a agressĂ©s il y a plus de deux heures? «Oui», rĂ©pondent les deux plaignants quand ils arrivent Ă la morgue sur demande de la police pour s’assurer s’il est l’un de leurs agresseurs ou non. Qui l’a tuĂ© ? Ce sont les deux karatĂ©kas, victimes et plaignants.
En fait, quand El Aouni a arrachĂ© le smartphone Ă Othmane, Abderrahmane lui a donnĂ© un coup de pied. El Aouni est tombĂ© par terre pour se relever ensuite et prendre la fuite avec ses deux complices. Ensuite, les deux karatĂ©kas les ont guettĂ©s juste Ă cĂ´tĂ© d’un jardin du quartier El Youssoufia. Quand le trio y est arrivĂ©, les deux amis Ă©taient dĂ©jĂ Ă leur attente pour rĂ©cupĂ©rer le tĂ©lĂ©phone. Ils ont rapidement attaquĂ© El Aouni, lui ont arrachĂ© le sabre et lui ont assĂ©nĂ© plusieurs coups. Ils ont rĂ©cupĂ©rĂ© le tĂ©lĂ©phone et ont pris le chemin vers le commissariat de police pour dĂ©poser une plainte.
Actualités 18 Apr 2013 2 min de lecture
Quand des victimes se transforment en meurtriers
Nous sommes à Rabat. Tous les deux, Abderrahmane et Othmane, âgés respectivement de vingt-deux et vingt-quatre ans, rentrent à la préfecture de police.

