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Actualités 17 Jul 2025 4 min de lecture

Démolition de l’immeuble Haj Ali El Manouzi : Les héritiers dénoncent un acte illégal

Démolition de l’immeuble Haj Ali El Manouzi : Les héritiers dénoncent un acte illégal

Les enfants feu Haj Brahim Manouzi sont en colère et ils l’expriment haut et fort. La raison? la dĂ©molition de l’immeuble de la famille, situĂ© au quartier « Lbhira » dans l’ancienne mĂ©dina de Casablanca, dans des circonstances sujettes Ă  caution au point de vue de la loi et du droit.

Laila Lamrani

Lundi 14 juillet, les autoritĂ©s de la commune de Sidi Belyout, conduites par le pacha de l’arrondissement, dĂ©barquent en force sur les lieux avec fracas, vĂ©hicules des forces auxiliaires et bulldozers pour lancer l’opĂ©ration de dĂ©molition des maisons et commerces de ce quartier historique de Casablanca. Celui-ci doit ĂŞtre rasĂ© car situĂ© dans la trajectoire de la fameuse avenue Royale qui devrait connecter le bord de la mer du cĂ´tĂ© de la MosquĂ©e Hassan II au centre-ville de Casablanca.

Les frères El Manouzi prĂ©cisent d’emblĂ©e qu’ils ne sont pas opposĂ©s Ă  ce chantier de grande envergure longtemps bloquĂ© . « Nous rĂ©clamons juste le respect de l’Etat de droit », clament Ă  l’unisson les hĂ©ritiers du propriĂ©taire, figure de la rĂ©sistance Ă  l’occupation française. C’est pour cela que le Docteur Abdelkrim et Salaheddine El Manouzi, frère du militant UNFP Houcine El Manouzi, qui a disparu le 29 octobre 1972, se sont opposĂ©s farouchement Ă  l’opĂ©ration de dĂ©molition de leur rĂ©sidence , dĂ©nonçant un acte illĂ©gal. SĂ»rs de leur bon droit, ces derniers ont exigĂ© du pacha de leur produire une ordre de dĂ©molition en bonne et due forme. Ce qu’il n’a pas fait, en renvoyant Ă  chaque fois ses interlocuteurs vers les services de la commune pour rĂ©cupĂ©rer le document demandĂ©…

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La présidente de l’arrondissement de Sidi Belyout, Kenza Chraibi

La dĂ©marches des autoritĂ©s pose effectivement problème parce que l’affaire fait l’objet d’une procĂ©dure judiciaire toujours en cours introduite par les hĂ©ritiers auprès du tribunal administratif de Casablanca contre la dĂ©cision de dĂ©molition communale. Cette procĂ©dure judiciaire fait suspendre automatiquement, en vertu de de la loi no 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine, l’exĂ©cution d’évacuation des habitants et de dĂ©molition de l’immeuble jusqu’à ce que la justice statue dĂ©finitivement sur le dossier. Surtout que les plaignants ont produit, via leurs avocats, une expertise judiciaire ordonnĂ©e par le prĂ©sident du tribunal et dont la prĂ©sidente du conseil communal a pris connaissance du contenu au bureau de l’expert judiciaire. Celui-ci stipule que l’immeuble de la famille El Manouzi [ le bâtiment remonte Ă  la pĂ©riode coloniale] « n’est pas en Ă©tat de ruine en raison de la soliditĂ© de sa structure» et de ses fondations, ce qui infirme la thèse de la prĂ©sidente de l’arrondissement de Sidi Belyout, Kenza Chraibi, que la rĂ©sidence menace ruine et qu’il faudra la dĂ©molir après avoir Ă©vacuĂ© les rĂ©sidents… Et pourtant, Mme Chraibi est une avocate de profession et elle est censĂ©e de ce fait connaĂ®tre et dĂ©fendre la loi et le droit et non les piĂ©tiner…

« Assez de silences complices. Assez d’humiliations infligées à ce peuple digne. Ce qui s’est passé à Casablanca avec la destruction illégale de l’immeuble El Manouzi est un affront. Un acte de violence institutionnelle qui piétine les acquis durement arrachés par le peuple marocain au fil des décennies », ont dénoncé la famille El Manouzi dans une lettre où ils disent refuser la destruction « en pleine journée ce que des générations ont bâti de leurs mains et défendu par leurs luttes : le droit, la justice, la mémoire, la dignité». Les 9 familles qui résident dans l’immeuble El Manouzi ont été expulsées « sans avoir obtenu de logement de remplacement où déposer leurs affaires et dormir », déplorent les frères El Manouzi. « Il ne faut pas que cette belle Avenue Royale que nous soutenons soit transformée par les autorités locales et élues en boulevard de non-droit », concluent-ils, amers.

Cet article est repris sous forme d’extrait. La version complète est publiée par le média d’origine.

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