C'est au cinéma Roxy de Tanger que s'est tenu, le 26 février, le gala d'ouverture de la dix-septième édition du Festival national du film (FNF). Fidèle à sa tradition, cet évènement, qui se poursuit jusqu'au 5 mars, n'a pas fait les choses à moitié. Hommages, ateliers d'échange et compétitions sont au rendez-vous de ce festival adopté aussi bien par les professionnels du secteur que par les cinéphiles et la population de Tanger.

«À la dix-septième édition, le cinéma marocain est à la croisée des chemins. Je pense que c’est le moment ou jamais pour les professionnels de débattre, avec objectivité et sérénité, de la situation du cinéma marocain et dans toutes ses composantes : production-distribution-exploitation, mais aussi formation et industrie», affirme Sarim Fassi-Fihri, directeur du Centre cinématographique marocain (CCM). Où en est le cinéma marocain ? Où va-t-il ? Quelles sont ses forces et quelles sont ses faiblesses ? Quelle est la place qu’on veut lui donner dans le monde ? Durant toute la période du festival, c’est à ces questions et à bien d’autres que les professionnels devront répondre. La cérémonie d’ouverture a été l’occasion d’aborder la situation des salles obscures par le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi.

Ce dernier a insisté sur l’importance de maintenir les salles de cinéma ouvertes. Cette dix-septième édition promet ainsi un programme riche en débats, mais aussi en projections. Quinze films participent à la compétition officielle du long métrage. Le jury présidé par l’écrivain et critique Noureddine Afaya devra attribuer 12 Prix dont le Prix de la première œuvre, le Grand Prix, Prix de la réalisation, Prix du scénario… Les cinéphiles seront aussi servis par la projection de 14 courts métrages dans le cadre de la compétition et 4 films hors compétition. Parmi les moments forts de cette édition également, l’hommage à titre posthume rendu, lors de la cérémonie d’ouverture, au critique et écrivain feu Mustapha Messnaoui. Membre du jury de la dernière édition du FNF, feu Mustapha Messnaoui, éteint le 17 novembre 2015 au Festival international du cinéma du Caire, est considéré comme l’un des piliers de la critique cinématographique au Maroc et dans le monde arabe.

Le réalisateur et producteur Latif Lahlou, considéré comme l'un des pionniers du cinéma marocain, a été aussi honoré. Son premier film de fiction, «Soleil de printemps» date de 1969. En tant que producteur, il a produit et coproduit plusieurs films de court et de long métrage nationaux, tels que «La guerre du pétrole n’aura pas lieu» de Souhail Ben Barka en 1975, «Chevaux de fortune» de Jilali Ferhati en 1996, «Les ailes brisées» de Abdelmajid Rchich en 2004.