La Faculté des lettres et sciences humaines de Dhar El Mehraz de Fès organise, les 15 et 16 novembre prochains, un colloque international sur le thème «Nouvelles écritures, nouvelles approches».

«N ouvelles écritures, nouvelles approches» est le thème générique d’un colloque international prévu les 15 et 16 novembre 2016 à Fès, à l’initiative du Laboratoire de recherche sur l’expression littéraire et artistique de

la Faculté des lettres et sciences humaines de Dhar El Mehraz de Fès (Université Sidi Mohammed Ben Abdellah). Ce colloque international planchera sur plusieurs axes de recherches tels l’état de la littérature du début du XXIe siècle, l’analyse d’une thématique de la nouvelle génération d’écrivains, les questions de théorie littéraire en rapport avec ces nouvelles écritures, l’écriture fragmentaire et les limites du genre, la nouvelle écriture/nouvelle approche, la méthode d’enseignement de cette nouvelle écriture, etc. Le colloque analysera aussi l’expérience littéraire de certains écrivains contemporains, tels Mohamed Loakira, Habib Mazini, Mohamed Hmoudane, El Mostafa Bouignane, Youssouf Amine Elalamy ou encore Fouad Laroui. Selon le comité d’organisation, l’innovation en matière de littérature est un fait incontestable qui se laisse remarquer souvent à des moments clés de l’histoire des peuples pour réagir contre les réalités contraignantes. Cela prend des manifestations diverses comme le positionnement par rapport à la colonisation et au pouvoir et l’interrogation des valeurs et des mœurs d’une civilisation. En effet, indique-t-on, l’écriture moderne ou postmoderne voit se développer une conception de la littérature fondée essentiellement sur le principe de l’hétérogénéité des voix. Hétérogénéité déclinée de diverses façons dans l’approche de l’espace littéraire, dans son imaginaire comme dans son esthétique qui prend, entre autres aspects, la forme de l’hybridité, de la fragmentation, de l’association du verbal et de l’iconique (pictural, photographique) ou encore de la reproduction de documents anciens dans le corps du texte. La littérature marocaine francophone des quinze dernières années, souligne-t-on, se libère du paradigme «Souffles» et du paradigme colonial qui subsiste cependant chez certains auteurs. Cette libération concourt à l’émergence de nouvelles voix et d’une nouvelle façon d’écrire : l’on écrit désormais comme n’importe quel écrivain du monde, sans contrainte de la culture, de l’espace et des prédécesseurs.

Dans cette optique, ajoute-t-on, l’on assiste à un mouvement de dépassement des stéréotypes qu’une critique post-coloniale, toujours bien installée jusqu’à nos jours, a imposé au texte francophone du Maghreb. De nouvelles façons de voir le monde et de concevoir l’acte d’écrire caractérisent le nouveau corpus littéraire marocain et francophone, comme l’insertion de l’enquête policière, la liberté des personnages qui ne sont plus sous l’effet d’un déterminisme religieux ou culturel, le déplacement des frontières des genres dans le récit, mais aussi dans le poème.