«La commune de Salé est l’une des communes exemplaires ayant su mettre en œuvre la plupart des axes du programme de gouvernance locale».

Le constat est fait par Ilham Lahrid, chargée de communication de ce programme financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Lancé en 2010, le programme de gouvernance locale (PGL) vise à instaurer une gestion locale ouverte et transparente, fondée sur le dialogue et le partage de l’information entre les communes et leurs citoyens en s’appuyant sur trois grands principes de la gouvernance, à savoir la participation, la performance et la transparence.

Le programme inclut des activités centrées sur la jeunesse et le genre, en tant que thématiques transversales en collaboration avec la Direction générale des collectivités locales (DGCL).

«Alors que l’État marocain affiche sa volonté de moraliser la vie publique, le PGL s’est mobilisé, dès le début, pour que la gestion locale se conforme à des règles et des procédures clairement affichées, qui garantissent l’accès du citoyen à l’information, ainsi que le contrôle et l’amélioration des pratiques de gouvernance, contribuant ainsi aux efforts de la DGCL», ajoute Ilham Lahrid.

La commune de Salé a pu profiter pleinement de l’assistance apportée dans le cadre de ce programme. En effet, selon le chef de division des études stratégiques et de la communication au sein du Conseil de la ville, Mohammed Mansouri, la commune a pu élaborer un plan communal de communication s’étalant sur trois années (2014-2016). Le plan en question repose sur 84 actions.

Parmi les mesures prévues, il y a lieu de citer la mise en place d’un magazine trimestriel traitant des activités de la commune, l’amélioration des services proposés par le site Web et la création de pages pour communiquer au niveau des réseaux sociaux. Le programme porte également sur l’amélioration de la communication interne et la mise en place de panneaux de signalisation à l’intérieur du conseil, afin de faciliter l’orientation des citoyens et pallier les insuffisances et dysfonctionnements qui caractérisent la circulation interne et externe des informations communales.

Par ailleurs, et afin de garantir une meilleure transparence au niveau de la gestion des plaintes, la commune a installé, au sein de ses locaux, tout un service chargé de la réception des plaintes.

La création de ce service, opérationnel depuis six mois déjà, a été accompagnée par la mise en place d’un système informatisé de gestion des plaintes afin de garantir une organisation efficace de cette fonction. «Ce service nous a permis de mieux répondre aux doléances des citoyens et de regagner leur confiance vis-à-vis de leurs communes et élus, ainsi que de renforcer la transparence au niveau local.

En ce sens, depuis la mise en place de ce service, nous avons déjà pu traiter 600 plaintes, dont la durée de traitement a été largement réduite, surtout quand il s’agissait de doléances simples qui n’impliquaient que la commune, notamment le retard dans la délivrance des autorisations», souligne Mohammed Mansouri.

Outre ces différents projets, le conseil communal de Salé a engagé un audit interne qui a concerné trois établissements. Il s’agit du marché de gros, la gare routière et l’administration fiscale de la commune.

Si les deux premiers services ont déjà fait objet de rapports qui ont été présentés au président du conseil communal afin d’ordonner la correction des dysfonctionnements relevés, le service fiscal fait toujours objet d’audit puisqu’il est composé de sept régisseurs. Toutefois, souligne le même responsable, le rapport qui concerne ce volet ne manquera pas de tomber incessamment.

Les élus impliqués dans le PGL

Conduit dans le cadre d'un partenariat avec la Direction générale des collectivités locales (DGCL) du ministère de l'Intérieur, le PGL a été mis en œuvre de 2010 à 2014. Sur le terrain, le programme a été réalisé en étroite collaboration avec des élus et des cadres de 110 communes ainsi qu'avec les cadres provinciaux, notamment des autorités locales, et diverses

associations de jeunes et de femmes.

Ses principales zones d'intervention sont les régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, Fès-Boulemane et Doukkala-Abda, ainsi que quelques villes hors de ces régions comme Kénitra, Tanger, Benguerir et Marrakech.