La commune rurale Zaouiat Lekouassem a abrité, du 29 au 31 mai derniers, la troisième édition du Festival de la fauconnerie marquée par la participation de fauconniers issus des Émirats arabes unis et du Qatar.

L’Association provinciale des affaires culturelles et l’Association des fauconniers Lekouassem d’Ouled Frej, en collaboration avec la Direction régionale de la culture, ont organisé du 29 au 31 mai la troisième édition du Festival de la fauconnerie dans la commune rurale de Zaouiat Lekouassem, l’un des derniers bastions de la fauconnerie du pays. Cette manifestation exceptionnelle, organisée sur le thème «La fauconnerie : tradition ancestrale et patrimoine universel», coïncide avec le quatrième anniversaire du classement de la fauconnerie sur la liste représentative de l’UNESCO en tant que Patrimoine humain vivant. Elle rend hommage aux anciens fauconniers Lekouassem qui ont su préserver et perpétuer les traces d’un héritage séculaire. Elle permet aussi de maintenir le flambeau de cette tradition qu’on considérait comme perdue à jamais.

Ainsi, outre les spectacles de chasse au faucon, rythmés par de la musique traditionnelle marocaine, qui ont été la pièce maîtresse de cette manifestation inter-arabe, plusieurs autres activités ont pris place pendant ces trois jours célébrant le faucon. L’événement a également été ponctué par des expositions de fauconnerie, de deux compétitions artistiques de jeunes plasticiens débutants et de plasticiens confirmés autour du thème du faucon, une compétition d’œuvres photographiques autour du même thème, en plus de spectacles de fantasia et d’une course de sloughis. Plusieurs troupes de musique traditionnelle marocaine ont aussi pris part aux festivités, dont Tagada, groupe Zoubayri de l'aïta haouzia, Abidate R’ma Siada, Ouled Benagida, le groupe d’arts populaires d’Ouled Frej et la troupe Lalla Manana représentant la Hadra soufie de Larache.

En célébrant la renaissance de la fauconnerie dans la province d’El Jadida, par le biais de ce troisième Festival, les organisateurs aspiraient à remettre aussi au-devant de la scène les autres aspects de ce patrimoine, notamment le savoir-faire en matière d’instruments de chasse, l’habillement traditionnel, la musique, le chant, la danse et l’art culinaire, sans pour autant oublier l’incontournable cheval qui participait autrefois à la chasse au vol.

Ainsi, les initiateurs de cet événement, notamment le chercheur en patrimoine populaire doukkali, Driss Lamrabe, et le président de l’Association des fauconniers Lekouassem, Mohammed El Ghazouani, ne se sont pas limités à la production du spectacle. Ils se sont, bel et bien, impliqués dans la réécriture d’une ancienne et belle histoire. L’histoire d’un patrimoine que les nouvelles générations doivent comprendre et dont ils doivent s’enorgueillir. Celle d’un fabuleux épisode de notre civilisation, que la tribu Lekouassem a su préserver malgré tous les aléas et les risques de l’oubli.