Un parterre d'experts marocains et étrangers s'est réuni à Tanger pour débattre de questions relatives à la croissance urbaine et à l'accès aux services essentiels dans les pays en développement.

Réunis dans le cadre d'un colloque sur le thème «Croissance urbaine et accès aux services essentiels», organisé par le think tank sur les problématiques d'accès à l'eau et à l'énergie «(Re)Sources», les participants ont examiné, jeudi dernier, des thématiques liées à la dynamique de la gouvernance urbaine, aux services essentiels au sein de territoires urbains étalés et fragmentés, au financement de l'accès aux services urbains essentiels et à la prise en compte du risque climatique. Intervenant à l'ouverture de ce colloque, le président du think tank, Patrice Fonlladosa, a fait savoir que le phénomène d'urbanisation, surtout dans les villes des pays émergents, devra s'accélérer dans les décennies à venir, estimant que le nombre d'habitants urbains atteindrait 6,4 milliards à l'horizon 2050.

L'urbanisation, lorsqu'elle se fait de façon non maîtrisée, fragmente la ville et engendre des quartiers informels, non raccordés aux services essentiels, a-t-il fait observer. D'ailleurs, a-t-il noté, les efforts de développement de l'accès aux services essentiels sont souvent annulés par l'urbanisation galopante, ajoutant que dans ce contexte de concentration intense des populations, les besoins en infrastructures deviennent considérables et nécessitent une véritable stratégie pour leur définition, leur financement et leur mise en œuvre.

De son côté, le président du Conseil de la ville de Tétouan, Mohamed Idaomar, qui a indiqué que l'urbanisation concerne 60% de la population au Maroc, a estimé que sa vitesse de développement à l'horizon 2050 rejoindrait l'estimation mondiale, c'est-à-dire que 80% de la population serait dans l'espace urbain. La situation sera «catastrophique» si elle n'est pas associée à une bonne gestion et à une gouvernance prévisionnelle, a-t-il averti. Dans une déclaration à la MAP, l'ancien Premier ministre de la France, ancien député européen, ambassadeur de la République chargé des négociations pour les zones polaires et membre de «(Re)Sources», Michel Rocard, a relevé que la prévisibilité de la concentration urbaine et la rapidité du phénomène constituent l'un des facteurs majeurs pour organiser l'offre des services essentiels, soulignant que l'accès à la bonne information concernant les nouveaux arrivants dans la ville, ainsi que leurs besoins est l'un des défis à relever pour faire face à ce problème d'organisation.