Réunis à Tanger dans le cadre d'un colloque sur la croissance urbaine et l'accès aux services essentiels, les participants ont examiné des thématiques liées à la dynamique de la gouvernance urbaine.

Un parterre d'experts marocains et étrangers s'est réuni, jeudi à Tanger, pour débattre de questions relatives à la croissance urbaine et à l'accès aux services essentiels dans les pays en développement.

Réunis dans le cadre d'un colloque sous le thème «Croissance urbaine et accès aux services essentiels», organisé par le Think-tank sur les problématiques d'accès à l'eau et à l'énergie «(Re)Sources», les participants ont examiné des thématiques liées à la dynamique de la gouvernance urbaine, aux services essentiels au sein de territoires urbains étalés et fragmentés, au financement de l'accès aux services urbains essentiels et à la prise en compte du risque climatique.

Intervenant à l'ouverture de ce colloque, le président du Think-tank, Patrice Fonlladosa, a fait savoir que le phénomène d'urbanisation qui demeure «prégnant» surtout dans les villes des pays émergents, devra s'accélérer dans les décennies à venir, estimant que le nombre d'habitants urbains atteindrait 6,4 milliards à l'horizon 2050.

L'urbanisation, lorsqu'elle se fait de façon non maîtrisée, fragmente la ville et engendre des quartiers informels, non raccordés aux services essentiels, a fait observer Patrice Fonlladosa.

D'ailleurs, a-t-il noté, les efforts de développement de l'accès aux services essentiels sont souvent annulés par l'urbanisation galopante, ajoutant que dans ce contexte de concentration intense des populations, les besoins en infrastructures vont être considérables et nécessitent une véritable stratégie pour leur définition, leur financement et leur mise en œuvre dans des villes menacées par les évènements météorologiques extrêmes et qui n'ont pas toujours les moyens de prendre en main leur propre urbanisation.

Face à cette pression urbaine exercée sur les services essentiels, il a appelé à un partenariat entre les collectivités publiques et les donneurs d'ordre et à une amélioration du dialogue en parvenant à une symbiose intelligence entre les parties prenantes, en vue de satisfaire les populations locales.

Par ailleurs, Patrice Fonlladosa a expliqué que le choix de la ville de Tanger pour abriter ce 11e colloque organisé par le réseau est dû à l'explosion démographique qu'a connue la ville depuis plusieurs décennies, laquelle s'est accompagnée d'un développement urbain spectaculaire, volontariste, pour favoriser l'émergence d'une métropole méditerranéenne et hisser Tanger au rang de pôle économique régional.

Il n'a pas manqué de rappeler, à cet égard, les projets ambitieux initiés par S.M. le Roi Mohammed VI, notamment le plan Tanger-Métropole et Tanger-Med ayant permis la revitalisation du port de la ville.

De son côté, le président du Conseil de la ville de Tétouan, Mohamed Idaomar, qui a indiqué que l'urbanisation est autour de 60% de la population au Maroc, a estimé que sa vitesse de développement à l'horizon 2050 rejoindrait l'estimation mondiale, c'est à dire que 80% de la population serait dans l'espace urbain.

La situation sera «catastrophique» si elle n'est pas associée à une bonne gestion et à une gouvernance prévisionnelle, a-t-il averti.

Dans une déclaration à la MAP, l'ancien premier ministre de la France, ancien député européen, ambassadeur de la République chargé des négociations pour les zones polaires et membre de (Re)Sources, Michel Rocard, a relevé que la prévisibilité de la concentration urbaine et la rapidité du phénomène constituent l'un des facteurs majeurs pour organiser l'offre des services essentiels, soulignant que l'accès à la bonne information concernant les nouveaux arrivants dans la ville, ainsi que leurs besoins est l'un des défis à relever pour faire face à ce problème d'organisation.