«Le domaine médiatique au Maroc connaît de profonds changements, qui nécessitent plus que jamais d'avoir des médias responsables et libres et de consacrer davantage la déontologie du journalisme», c'est ce qu'a souligné Mustapha El Khalfi

La Maison de la presse de Tanger, première structure du genre au niveau du monde arabe et de l'Afrique, a débuté, mardi à Tanger, les festivités à l'occasion du 1er anniversaire de son ouverture, en présence de nombreuses personnalités du monde politique, économique et médiatique marocains et étrangers.

Dans une allocution lue en son nom à cette occasion, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a mis en exergue le rôle que joue ce complexe en tant que lieu de rencontres et d'échange pour les journalistes, notant que le Maroc a lancé durant ces dernières années plusieurs réformes portant sur le secteur d'information, dont les nouvelles dispositions de la Constitution de 2011, qui stipulent les principes de la liberté de la presse et du pluralisme, et le projet de Code de la presse et de l'édition.

Le ministre a, dans ce cadre, souligné que le domaine médiatique au Maroc en particulier connaît actuellement de profonds changements, à la lumière de la révolution numérique, la transition démocratique et l'évolution démographique, qui nécessitent aujourd'hui plus que jamais d'avoir des médias responsables et libres et de consacrer davantage la déontologie du journalisme.

Il a, ainsi, estimé que les grands changements politiques, économiques et sociaux que connaissent plusieurs pays arabes nécessitent d'être accompagnés par des médias ouverts et proches des questions de la société, afin de préserver la crédibilité des médias auprès de l'opinion publique.

Pour sa part, le président de la maison de la presse de Tanger, Said Koubrit, a souligné le rôle important que joue cet établissement dans l'offre de multiples services en matière de formation et de renforcement des compétences des journalistes et l'intégration des médias marocains dans leur espace arabo-méditerranéen.

Il a, ainsi, indiqué que cette rencontre, tenue sous le thème «Les médias arabes et le temps de changement», vise à débattre du rôle des médias dans le contexte de crise que traversent de nombreux pays arabes.

De son côté, le maire de Tanger, Fouad El Omari, a salué les efforts déployés par cette institution cultuelle pour la promotion des valeurs d'échange d'expériences et de dialogue chez les journalistes, mettant l'accent sur sa contribution effective à l'accompagnement des grands chantiers économiques et sociaux que connait le Maroc en général et la ville de Tanger en particulier.

Le responsable a, dans ce contexte, assuré que la Maison de la presse de Tanger joue un rôle important dans le renforcement des valeurs culturelles et intellectuelles au Maroc, appelant à dupliquer cette expérience dans d'autres villes du Royaume.

Pour sa part, Khalid Naciri, ancien ministre de la Communication, a indiqué que les participants à cette rencontre disposent d'un cumul d'expériences qui va leur permettre de répondre à la grande problématique de l'interaction entre les mutations sociétales profondes et les transformations médiatiques en période de changements historiques que traversent les sociétés arabes.

«L'interaction est réciproque puisque le champ sociopolitique et le domaine médiatique s'alimentent mutuellement», a estimé Khalid Naciri, convaincu que les hommes et les femmes du champ médiatique au Maroc, un pays d'ouverture sociétale, politique et médiatique, jouent un rôle de plus en plus affirmé pour consolider l'image de marque d'un pays de liberté d'expression.

Les médias sont capables d'aborder les questions les plus délicates avec un esprit de responsabilité et d'ouverture, a-t-il souligné, ajoutant que la société, de son côté, évolue au diapason de ces transformations médiatiques.

Quant à l'ancienne ministre égyptienne de l'Information, Doria Sharaf Al Dine, a fait savoir que les médias égyptiens devraient actuellement relever plusieurs défis, afin de renforcer leur crédibilité auprès du public et leur influence positive sur les attitudes politiques.

Cette manifestation s'est déroulée notamment en présence de journalistes, intellectuels et d'acteurs de la société civile.

La Maison de la presse prévoit, par ailleurs, l'organisation d'autres activités culturelles et médiatiques, ainsi que des rencontres de formation durant les mois d'avril, mai, juin et août, à l'occasion du premier anniversaire de son ouverture.

Le programme de célébration comprend, en outre, l'organisation, les 16 et 17 avril, des journées du développement durable sur «l'eau, une source vitale» en présence d'experts, d'universitaires, de journalistes, en plus de représentants de centres, d'institutions et d'associations s'activant dans le domaine de l'environnement.

A cela s'ajoute la tenue d'une rencontre, les 24 et 25 avril, sur «la presse et le cinéma», en collaboration avec l'Association marocaine des critiques de cinéma, ainsi qu'une session de formation sur «le genre social» (1, 2 et 3 mai), en partenariat avec le Centre de développement des médias relevant de l'Université Bir Zeit de Ramallah (Palestine).

Au menu figurent également la commémoration de la journée mondiale de la liberté de presse, le 3 mai prochain, avec un hommage à l'expérience du journaliste marocain Abderrafi El Jaouahiri, l'organisation d'un concert de musique marocaine traditionnelle et la tenue d'un atelier de formation, du 7 au 10 mai, en coordination avec le Centre printemps pour la formation médiatique.

Le mois de juin n'est pas en reste puisqu'il sera marqué par la tenue de la première rencontre annuelle avec les écrivains et journalistes turcs et d'une session du journaliste débutant. Une rencontre médiatique avec les journalistes marocains à l'étranger est également prévue en août.