Aucun des édifices anciens et ouvrages de la ville de Mohammedia n’a été inscrit, en dépit de leur richesse, sur la liste du patrimoine. Plus étonnant encore, la cité balnéaire n’arrive pas à sauvegarder et préserver ce que son histoire a de meilleur : son héritage historique et architectural.

Triste réalité, une bonne partie du patrimoine de la ville a disparu dans l’indifférence totale. La volonté des associations militant pour la sauvegarde du patrimoine de Mohammedia n’a pas suffi pour sauver certains anciens édifices et réconcilier, ainsi, la cité des fleurs avec son histoire. À titre d’exemple, la Villa de la tranquillité, construite en 1929 par le Prince Charles Mural, l’ancienne gare de Mohammedia édifiée en 1930, les Briqueteries de Fedala construites en 1912, le Pont portugais et récemment le mythique cinéma Miami et l’ancien centre d’accueil et d’estivage qui va à son tour être détruit. D’autres édifices et bâtiments ont été oubliés et résistent tant bien que mal aux aléas du temps : les anciennes bâtisses de la Casbah, le casino, édifice emblématique construit en 1933, le Miramar bâti en 1938 puis fermé depuis plusieurs années, l’ancien château d’eau situé au quartier Bellevue qui surplombe la ville, construit en 1956 et hors de service depuis 1990. Quel gâchis pour une ville qui n’arrive pas comme d’autres villes du Royaume à défendre ses richesses patrimoniales, dépositaires d’un passé historique d’une grande richesse !

«Il faut agir, explique cet habitant de la Casbah, d'autant plus qu’aujourd’hui les initiatives interviennent dans un contexte marqué par un renouveau de la réflexion stratégique sur les anciens édifices. Un recensement s’impose pour revaloriser le riche patrimoine de Mohammedia qui interpelle tout un chacun». Mohammedia selon, cette étudiante, ne s’est pas donnée comme objectif de relier le passé au présent et à l’avenir. Les potentialités de la ville n’ont pas revendiqué avec véhémence la sauvegarde de ses richesses patrimoniales.

Le béton a tout balayé, la situation risque de s’aggraver, d’où la nécessité de sauver ce qui reste du cachet authentique des anciens tissus urbains. La cité balnéaire aux multiples vocations a changé, elle n’est plus l’annexe de Casablanca, mais une ville qui se développe, qui doit garder son identité et s’intégrer dans sa dimension régionale. Un effort a certes été consenti. Il a concerné le réaménagement d’une partie des remparts de la Casbah, mais n’a pas été étendu aux anciennes bâtisses et dépôts de plus en plus fragilisés.

Le patrimoine de la ville de Mohammedia est l’héritage du temps. C’est une mémoire vivante dont la conservation passe nécessairement par la réhabilitation de ces lieux. Chaque citoyen est un acteur de la ville et non pas un spectateur, c’est pour cela qu’il est impérieux d'initier les citoyens à une culture de la ville et rester sensible à la valeur du patrimoine et de l’histoire. Mohammedia doit militer pour la sauvegarde de son patrimoine, un atout sur lequel tous les efforts doivent se focaliser.

Un festival dédié à la mémoire

«Dakira» (mémoire) est un festival qui vient de voir le jour. La première édition s'est déroulée il y a un peu plus d'un mois. «Dakira Mohammedia» s'est fixé comme objectif de donner plus de valeur et de pérennité à la ville, à son histoire et à son patrimoine. L'objectif, selon Mohammed Mfadel, président de la commune urbaine de Mohammedia, est de remémorer la visite historique de feu S.M. Mohammed V à Mohammedia. Certes, cette première édition a été emprunte de générosité, avec une saveur particulière et une mixité urbaine, mais pour qu'elle grandisse, il faudra matérialiser les idées en actions concrètes, à savoir ouvrir le plus tôt possible un chantier pour sauvegarder la casbah, ses remparts, ses vieilles bâtisses, les anciens dépôts de céréales, le château d'eau, Diour Lakraï, la cité des pêcheurs, le quartier espagnol et celui de la falaise...

En attendant que les travaux de mise à niveau et de réhabilitation soient lancés, le festival a été bien ressenti et a donné à la ville un autre attrait. Le Fesitival «Dakira» s'est clôturé de la même manière dont il a commencé, dans une bonne ambiance ponctuée par la traditionnelle cérémonie de remise des prix aux sportifs et anciennes gloires, aux associations et à certains représentants des médias. Les cavalières et cavaliers qui ont pris part à la fantasia ont également été distingués. À quand le tour du patrimoine historique de la cité des fleurs ?