Le Matin : L’INSA Euro-Méditerranée, fruit d’un partenariat entre le groupe INSA (Institut national des sciences appliquées) de France et l’Université euro-méditerranéenne de Fès (UEMF) ouvrira ses portes le 1er septembre 2015. Comment se passent les inscriptions actuellement ?

Jean-Louis Billoet : Nous avons ouvert l’inscription le 20 janvier dernier sur le site www.admission.groupe-insa.fr. L’inscription au concours prendra fin le 20 mars prochain. Nous recevons beaucoup de demandes, que ce soit localement ou de l’international. Actuellement, nous avons dépassé les 200 premiers inscrits. Je tiens à rappeler que nous ciblons les étudiants excellents et les places sont très limitées. Nous ciblons les personnes qui sont dans les 10% premiers de la classe, mais nous jugeons aussi sur dossier et nous procédons aussi à des entretiens approfondis. À titre d’exemple, nous avons reçu l’année dernière 14.000 demandes d’inscription pour 2.000 places pour les INSA en France. À terme, nous ambitionnons d’accueillir 400 étudiants annuellement à l’horizon 2025. L’UEMF, elle, devrait accueillir 6.000 étudiants entre 2022 et 2024.

En quoi consiste la formation ?

L’offre qui devra durer 5 ans est structurée autour de 3 filières principales. La première impacte tous les domaines de la mécanique et de l’énergie. Un deuxième domaine concerne tout ce qui relève du génie électrique, de l’électronique et des systèmes embraqués. Enfin, la troisième branche relève des technologies de l’information et de la communication et tout ce qui relève des modèles numériques. En termes de secteurs industriels prioritaires, nous ciblons l’aéronautique, l’automobile, la mécanique, l’énergie, les technologies de l’information et tout ce qui relève des services utilisant le numérique. Je tiens à préciser que c’est une formation qui va jouir de la reconnaissance du Maroc, de celle de la CTI (Commission des titres d’ingénieurs) en France ainsi qu’une reconnaissance européenne prochainement.

Quel est le coût de la formation ?

Proposez-vous des bourses d’études ?

Le coût de la formation représente 70.000 DH par an, toutefois le groupe INSA offre une bourse de 15.000 DH aux étudiants de l’Union pour la Méditerranée pour abaisser les frais à 55.000 DH tous frais inclus (assurances, droit d’accès à la bibliothèque, frais d’inscription…). En plus de cela, l’Université euro-méditerranéenne de Fès offre deux types de bourses. La première s’adresse aux meilleurs étudiants issus de milieux modestes et peut aller jusqu’à l’exemption totale des frais de scolarité. La deuxième s’adresse, quant à elle, aux étudiants les plus brillants, indépendamment de leur situation familiale. Enfin, tous les étudiants en doctorat ne paient pas. C’est l’université qui leur donne 5.000 DH par mois.

Quelle sera la valeur ajoutée de l’INSA à Fès par rapport aux 6 instituts en France ?

L’ingénieur INSA Euro-Méditerranée a une valeur ajoutée supérieure à celle des autres INSA en France, puisque nous avons mis la barre plus haut. En France, il y a une seule langue étrangère obligatoire et parfois deux, la mobilité internationale est de 3 ou 6 mois seulement, tandis qu’au Maroc c’est 18 mois. La durée en entreprise en France est de 8 à 12 mois, alors que c’est 18 mois au Maroc. Nous n’avons pas exporté un projet existant, mais un produit innovant qui n’existe pas dans tout l’espace euro-méditerranéen. Notre objectif est d’offrir une formation d’excellence aux véritables ingénieurs marocains qui relèveront les grands défis sociétaux et culturels et qui assureront le renouveau technologique et la conquête des marchés, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Ceci avec une touche multiculturelle et multilinguistique.