Le Maroc vient de célébrer, le 30 mars, la Journée nationale des personnes handicapées. Chaque année, cette date constitue une occasion pour faire le point sur la situation et les conditions de vie de cette frange de la société. Le manque d'accessibilité aux espaces publics figure parmi les principaux obstacles rencontrés par les personnes handicapées. Et c'est le cas dans la ville de Fès, où il est particulièrement difficile, voire impossible pour ces dernières de circuler et d'accéder aux différents espaces et infrastructures. Ce constat accablant est corroboré par une étude réalisée en 2012 par une vingtaine de jeunes, grâce à l'appui du projet SANAD de l'USAID. Selon cette étude, 5% seulement des espaces de la ville de Fès sont accessibles pour les personnes à mobilité à réduite. Ainsi, les écoles, les hôpitaux, les administrations publiques, les moyens de transport, entre autres, sont tous quasiment inaccessibles aux personnes handicapées.L'association Tahaddi pour le handicap général œuvre depuis plusieurs années pour la défense de cette cause au niveau de la ville de Fès. Dans ce sens, elle a lancé le site «fesacessible.ma», une carte électronique de Fès qui permet de localiser les lieux et les espaces qui présentent un problème d'accès pour les personnes en situation de handicap ainsi que les emplacements des accessibilités au niveau de tous les quartiers et des boulevards de la ville. Première au niveau national, cette initiative est le résultat d'un partenariat avec l'USAID dans le cadre du projet «SANAD». Pour Hassan Karboub, président de l'association Tahaddi pour le handicap général, la carte interactive «fesacessible.ma» a permis de sensibiliser et d'attirer l'attention de la société sur la question de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. «Depuis son lancement, nous avons remarqué un grand intérêt pour le site «fesacessible.ma» et ses actions de sensibilisation.Mais la situation sur le terrain n'a pas beaucoup changé». Abdelhay Rais, acteur associatif, président de l'Association marocaine d'éducation routière à Fès et du Forum régional des initiatives environnementales, partage le même avis condamnant le manque d'intérêt pour la question de l'accessibilité des personnes handicapées dans les politiques publiques au Maroc. Pour lui, les plans d'aménagement urbain des villes marocaines doivent impérativement être adaptés à la situation spécifique des personnes handicapées et doter l'ensemble des infrastructures, des espaces publics et privés et des moyens de transport, d'accessibilités qui respectent les normes en vigueur à l'échelle internationale. «La plupart des nouveaux bâtiments construits dernièrement et qui ont essayé d'introduire cette notion d'accessibilité finissent, en effet, par mettre en place des pentes qui sont soit hors-normes, soit trop pointues pour qu'un fauteuil y monte», explique-t-il. À noter que malgré la promulgation en 2003 de la loi 10-03 relative à l'accessibilité des personnes handicapées, les mesures préconisées concernant les constructions ouvertes au public, les logements collectifs, les espaces extérieurs et les moyens de transport et de communication publics sont souvent négligées.