Hay Mohammadi vient de connaître une nouvelle opération de libération du domaine public. En effet, un terrain vague en face de l’hôpital Mohammed V et des résidences Projet Hassan II, transformé depuis des années en «Joutia» anarchique, vient d’être évacué. Le marché cédera la place à un nouveau projet qui a mis beaucoup de temps à se concrétiser.

Vers la fin de l'année 2012, ce lot de terrain, appartenant à la ville, mais occupé illégalement par les vendeurs du marché aux puces, allait être dédié à la construction d’une mosquée. Aussitôt la nouvelle annoncée, les marchands ont manifesté leur mécontentement. Ils argumentent leur position par le fait que depuis des années, ils exposent leurs marchandises sur ce terrain et que c’est leur seul gagne-pain. Le projet a ainsi été suspendu provisoirement.

Selon le président de l’arrondissement Hay Mohammadi, le projet de construction de la mosquée, dont les travaux devaient démarrer en avril dernier, avait été ajourné une fois de plus à cause des manifestations des vendeurs. Conscients que ces marchands n’ont pas d’autres sources de revenus, les autorités avaient proposé de mettre à leur disposition un autre terrain, juste à côté, pour que les travaux puissent démarrer. Cependant, durant le même mois, les vendeurs ont exigé des autorités de signer un accord, de sorte qu'ils deviennent propriétaires du terrain proposé. Chose qui leur a été refusée, bien entendu.

Maintenant que l’arrondissement a obtenu le financement pour la construction de la mosquée, ainsi que toutes les autorisations nécessaires, les travaux ont démarré malgré les manifestations des locataires de la «Joutia». «Nous avons aussi réussi à trouver une solution qui convient aux deux parties. Les vendeurs ont accepté de se déplacer vers un autre terrain situé à Deb Moulay Chrif, face à un petit marché de volailles. Ils ont eux-mêmes procédé à un tirage au sort pour le partage des places», affirme le président de l’arrondissement Hay Mohammadi.

Aussi, une partie du terrain en question sera mise à la disposition d’autres marchands ambulants dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain. Même si l’avenue Abdelkader Torrès est encore occupée par quelques vendeurs qui ont refusé toute solution, l’arrondissement considère que depuis 2012, le dossier a bien avancé.

Les travaux de terrassement ont déjà commencé. Cependant, l’arrondissement n’a aucune visibilité sur la durée des travaux. «Le projet est financé par un bienfaiteur. L’avancement des travaux dépendra donc des moyens financiers de ce dernier», explique le président de l’arrondissement.

Le marché aux puces de Hay Mohammadi existe depuis plus d'une dizaine d’années. Il recèle un bric-à-brac d’articles très anciens, parfois même inutiles. D'anciens postes de radio, des couvercles en métal rouillés, des commodes au vernis défraîchi… Les vendeurs de la «Joutia» exposaient leur marchandise à même le sol.

Une opération à élargir

Le problème des marchands ambulants et des cafés occupant le domaine public est loin d'être éradiqué au niveau du Grand Casablanca. Certes, des efforts ont été déployés dans plusieurs arrondissements et préfectures, mais d'autres zones de la métropole continuent de subir cette anarchie. C'est le cas de Deb Soltane, où plusieurs campagnes de libération de l'espace public sont menées, mais qui ne durent pas longtemps. Résultat : les vendeurs ambulants reviennent à l'assaut et la voie publique est de nouveau bloquée par les étalages (ferracha).